Opioids for chronic low-back pain

  • Review
  • Intervention

Authors


Abstract

Background

The use of opioids in the long-term management of chronic low-back pain (LBP) appears to be increasing. Despite this trend, the benefits and risks of these medications remain unclear.

Objectives

To determine the efficacy of opioids in adults with chronic LBP.

Search methods

We electronically searched CENTRAL, CINAHL and PsycINFO to May 2006; MEDLINE and EMBASE to May 2007. We supplemented our search by reviewing references in relevant systematic reviews and identified trials.

Selection criteria

We included randomised or quasi-randomised controlled trials assessing the use of opioids (as monotherapy or in combination with other therapies) for four weeks or longer, in adults with chronic LBP. Studies were included if they compared non-injectable opioids to other treatments. Comparisons between opioids were excluded.

Data collection and analysis

Two authors independently assessed methodological quality and extracted data onto a pre-designed form. Results were statistically pooled using RevMan 4.2. We reported on pain and function using standardized mean difference (SMD) with 95% confidence interval (95% CI) and on side effects using absolute risk difference (RD) with 95% CI.

Main results

We included four trials. Three compared tramadol to placebo. Pooled results revealed that tramadol was more effective than placebo for pain relief, SMD 0.71 (95% CI 0.39 to 1.02), and improving function, SMD 0.17 (95% CI 0.04 to 0.30). The two most common side effects of tramadol were headaches, RD 9% (95% CI 6% to 12%) and nausea, RD 3% (95% CI 0% to 6%). One trial comparing opioids to another analgesic (naproxen) found opioids were statistically significant for relieving pain but not improving function. When re-calculated, the results were not statistically significant for either pain relief (SMD -0.58; 95% CI -1.42 to 0.26) or improving function (SMD -0.06; 95% CI -0.88 to 0.76) .

Authors' conclusions

Despite concerns surrounding the use of opioids for long-term management of chronic LBP, there remain few high-quality trials assessing their efficacy. The trials in this review, although achieving high internal validity scores, were characterized by a lack of generalizability, inadequate description of study populations, poor intention-to treat analyses, and limited interpretation of functional improvement. Based on our results, the benefits of opioids in clinical practice for the long-term management of chronic LBP remain questionable. Therefore, further high-quality studies that more closely simulate clinical practice are needed to assess the usefulness, and potential risks, of opioids for individuals with chronic LBP.

Résumé

Administration d'opiacés pour le traitement des lombalgies chroniques

Contexte

L'utilisation des opiacés dans la prise en charge à long terme des lombalgies chroniques semble être en augmentation. Malgré cette tendance, les bénéfices et les risques de ces médicaments restent indéterminés.

Objectifs

Déterminer l'efficacité des opiacés chez l'adulte souffrant de lombalgies chroniques.

Stratégie de recherche documentaire

Nous avons effectué des recherches électroniques dans CENTRAL, CINAHL et PsycINFO jusqu'à mai 2006 ; MEDLINE et EMBASE jusqu'à mai 2007. Nous avons complété nos recherches en examinant les listes bibliographiques dans les revues systématiques pertinentes et les essais identifiés.

Critères de sélection

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés évaluant l'utilisation des opiacés (en monothérapie ou en combinaison avec d'autres thérapies) pendant quatre semaines ou plus longtemps, chez l'adulte souffrant de lombalgies chroniques. Les études étaient incluses si elles comparaient des opiacés non-injectables à d'autres traitements. Les comparaisons entre les opiacés étaient exclues.

Recueil et analyse des données

Deux auteurs ont indépendamment évalué la qualité méthodologique et extrait des données sur un formulaire préconçu. Les résultats ont été combinés statistiquement à l'aide de RevMan 4.2. Nous avons rendu compte de la douleur et de la fonction en utilisant la différence moyenne standardisée (DMS) avec intervalle de confiance à 95 % (IC à 95 %) et des effets secondaires en utilisant la réduction absolue du risque (RAR) avec IC à 95 %.

Résultats Principaux

Nous avons inclus quatre essais. Trois avaient comparé le tramadol au placebo. Les résultats combinés ont révélé que le tramadol était plus efficace que le placebo pour soulager la douleur, DMS 0,71 (IC à 95 % 0,39 à 1,02), et améliorer la fonction, DMS 0,17 (IC à 95 % 0,04 à 0,30). Les deux effets secondaires les plus fréquents du tramadol étaient les céphalées, RAR 9 % (IC à 95 % 6 % à 12 %) et les nausées, RAR 3 % (IC à 95 % 0 % à 6 %). Un essai comparant les opiacés à un autre analgésique (naproxène) a trouvé que les opiacés étaient statistiquement significatifs pour le soulagement de la douleur mais pas pour l'amélioration de la fonction. Après nouveau calcul, les résultats n'étaient pas statistiquement significatifs ni pour le soulagement de la douleur (DMS -0,58 ; IC à 95 % -1,42 à 0,26) ni pour l'amélioration de la fonction (DMS -0,06 ; IC à 95 % -0,88 à 0,76) .

Conclusions des auteurs

Malgré les préoccupations entourant l'utilisation des opiacés pour la prise en charge à long terme des lombalgies chroniques, il reste quelques essais de grande qualité évaluant leur efficacité. Les essais dans cette revue, bien qu'atteignant des scores élevés de validité interne, étaient caractérisés par l'absence de généralisabilité, une description inadéquate des populations des études, des analyses en intention de traiter insatisfaisantes et une interprétation limitée de l'amélioration fonctionnelle. D'après nos résultats, les bénéfices des opiacés en pratique clinique pour la prise en charge à long terme des lombalgies chroniques restent contestables. En conséquence, d'autres études de grande qualité qui simulent plus précisément la pratique clinique sont nécessaires pour évaluer l'utilité, ainsi que les risques potentiels, des opiacés chez les personnes souffrant de lombalgies chroniques.

Plain language summary

Opioids for the treatment of chronic low-back pain

Low-back pain is a major cause of pain, disability and cost to individuals, their families and society in general. Up to 85% of the general population will experience low-back pain at some point in their lives. In most cases, the pain eases within four to six weeks and individuals are able to return to their normal activities. However, by some estimates, in up to 30% of the cases, the pain will persist for up to a year or longer.

Opioids are pain relievers that act on the central nervous system. If used over a long period of time, they may become habit-forming. Opioids are used to relieve pain in a growing number of conditions, including the treatment of chronic low-back pain (LBP).

We included three studies (908 participants) that compared opioids against a placebo (fake medication). On average, those receiving tramadol, an atypical weak opioid, reported more pain relief and less difficulty performing their daily activities in the short-term than those who received a placebo. In a fourth study (36 participants), on average, those receiving an opioid, either morphine or a morphine-derivative, reported little or no difference in terms of pain relief in the short-term compared with those who received a non-steroidal anti-inflammatory medication (naproxen). In general, there was little or no difference between the two groups in their ability to perform daily activities.

There still remains little evidence in the medical literature to address the concerns of physicians and patients regarding the effect of opioids on pain intensity, improved function and risk of drug abuse. The trials that do exist suggest that a weak opioid reduces pain but has minimal effect on function. Side effects were more common with opioids but not life-threatening. The results of these trials should be regarded with caution and may not be appropriate in all clinical settings. More high quality studies are needed to address the benefits and risks of long-term opioid use in chronic LBP, their relative effectiveness compared with other treatments and to better understand which patients may be most suitable for this type of intervention.

Résumé simplifié

Administration d'opiacés pour le traitement des lombalgies chroniques

Administration d'opiacés pour le traitement des lombalgies chroniques

Les lombalgies sont une cause majeure de douleur, d'invalidité et de coût chez les personnes, leurs familles et la société en général. Une proportion atteignant 85 % de la population générale souffrira de lombalgies à un moment au cours de la vie. Dans la plupart des cas, la douleur est atténuée dans les quatre à six semaines et les personnes sont capables de reprendre leurs activités normales. Toutefois, selon certaines estimations, dans une proportion atteignant 30 % des cas, la douleur persistera un an ou plus.

Les opiacés sont des médicaments antidouleur qui agissent sur le système nerveux central. S'ils sont administrés pendant une longue période, ils peuvent créer une accoutumance. Les opiacés sont utilisés pour soulager la douleur dans un nombre croissant de problèmes médicaux, incluant le traitement des lombalgies chroniques.

Nous avons inclus trois études (908 participants) comparant les opiacés à un placebo (faux médicament). En moyenne, ceux recevant le tramadol, un opiacé faible atypique, avaient signalé un soulagement de la douleur plus important et moins de difficultés à mener à bien les activités quotidiennes à court terme que ceux qui avaient reçu un placebo. Dans une quatrième étude (36 participants), en moyenne, ceux ayant reçu un opiacé, soit de la morphine soit un dérivé de la morphine, n'avaient signalé que peu ou pas de différence en termes de soulagement de la douleur à court terme comparés à ceux qui avaient reçu un médicament anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) (naproxène). En général, il n'y avait guère de différence entre les deux groupes en ce qui concerne leur capacité à mener à bien les activités quotidiennes.

Les preuves dans la littérature médicale restent insuffisantes pour répondre aux préoccupations des médecins et des patients concernant l'effet des opiacés sur l'intensité de la douleur, l'amélioration de la fonction et le risque de consommation abusive de substances. Les essais qui existent suggèrent qu'un faible opiacé réduit la douleur mais qu'il a un effet minime sur la fonction. Les effets secondaires étaient plus courants avec les opiacés mais ne mettaient pas en jeu le pronostic vital. Les résultats de ces essais doivent être considérés avec prudence et peuvent ne pas être appropriés dans tous les contextes cliniques. Il est nécessaire de mener de nouvelles études de grande qualité pour examiner les bénéfices et les risques de l'utilisation des opiacés à long terme dans les lombalgies chroniques, leur efficacité relative comparés à d'autres traitements et pour mieux comprendre quels sont les patients qui peuvent répondre le mieux à ce type d'intervention.

Notes de traduction

Traduit par: French Cochrane Centre 11th September, 2012
Traduction financée par: Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé Français

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