Gamma-hydroxybutyrate (GHB) for treatment of alcohol withdrawal and prevention of relapses

  • Review
  • Intervention

Authors


Abstract

Background

Chronic excessive alcohol consumption may lead to dependence, and to alcohol withdrawal syndrome (AWS) in case of abrupt drinking cessation. Gamma-hydroxybutyric acid (GHB) can prevent and suppress withdrawal symptoms, and improve the medium-term abstinence rate. However, clear estimates of its beneficial and harmful effects have not been yet established.

Objectives

To evaluate the efficacy and safety of GHB for the treatment of AWS and the prevention of relapse.

Search methods

We searched the Cochrane Drugs and Alcohol Group's Register of Trials (October 2008), PubMed, EMBASE, CINAHL (January 2005 to October 2008), EconLIT (1969 to February 2008), and reference lists of retrieved articles.

Selection criteria

Randomized controlled trials (RCT) and Controlled Prospective Studies (CPS) evaluating the efficacy and the safety of GHB versus placebo or other pharmacological treatments.

Data collection and analysis

Three authors independently extracted data and assessed the methodological quality of the studies.

Main results

Thirteen RCTs were included, 11 of which had been conducted in Italy.

For alcohol withdrawal syndrome, comparing GHB 50mg versus placebo, results from 1 study (23 participants) favour GHB for withdrawal symptoms: MD -12.1 (95% CI -15.9 to -8.29), but tolerated side effects were more frequent in the GHB group: RR 16.2 (95% CI 1.04 to 254.9; based on 7 of 11 patients in the GHB group developing transitory vertigo compared to none in the placebo group). In the comparison of GHB 50mg versus Clomethiazole, results from 1 study (21 participants) favour GHB for withdrawal symptoms: MD -3.40 (95% CI -5.09 to -1.71). For GHB 100mg versus Clomethiazole, results from 1 study (98 participants) favour Clomethiazole for side effects: RR 1.84 (95% CI 1.19 to 2.85).

At mid-term, comparing GHB 50mg/day with placebo, 1 study (71 participants, 3 months follow-up) favour GHB for abstinence rate (RR 5.35, 95% CI 1.28 to 22.4), controlled drinking (RR 2.13, 95% CI 1.07 to 5.54), relapses (RR 0.36, 95% CI 0.21 to 0.63), and number of daily drinks (MD -4.60, 95% CI -6.18 to -3.02). On abstinence, GHB performed better than Naltrexone (NTX) (2 studies, 64 participants) (RR 2.59, 95% CI 1.35 to 4.98 at 3 months) and than Disulfiram (1 study, 59 participants) (RR 1.66, 95% CI 0.99 to 2.80 at 12 months, slightly significant). The combination of GHB and NTX was better than NTX for abstinence (RR 12.3, 95% CI 1.79 to 83.9 at 3 months; 1 study, 35 participants). The combination of NTX, GHB and Escitalopram was better than Escitalopram alone for abstinence (RR 2.02 95% CI 1.03 to 3.94 at 3 months; RR 4.58, 95% CI 1.28 to 16.5 at 6 months; 1 study, 23 participants). For Alcohol Craving Scale, results favour GHB over placebo (MD -4.50, 95% CI -5.81 to -3.19 at 3 months; 1 study, 71 participants) and over Disulfiram at 12 months (MD -1.40, 95% CI -1.86 to -0.94, from 1 study with 41 participants).

All other comparisons and outcomes did not show significant differences.

Authors' conclusions

There is insufficient randomised evidence to be confident of a difference between GHB and placebo, or to determine reliably if GHB is more or less effective than other drugs for the treatment of alcohol withdrawl or the prevention of relapses. The small amount of randomised evidence available suggests that GHB 50mg may be more effective than placebo in the treatment of AWS, and in preventing relapses and craving in previously detoxified alcoholics during the first 3 months of follow-up. This review does not provide evidence in favour or against GHB compared to benzodiazepines and Clomethiazole for treatment of AWS; but, again based on a small amount of randomised evidence, GHB appears better than NTX and Disulfiram in maintaining abstinence and preventing craving in the medium term (3 to 12 months). The review does not provide evidence of a difference in side effects between GHB and benzodiazepines, NTX or Disulfiram. These findings should be considered alongside concerns that have been raised about GHB regarding the risk of developing addiction, and the misuse or abuse of the drug, suggesting to use GHB only under strict medical surveillance.

Résumé scientifique

Gamma-hydroxybutyrate (GHB) pour le traitement du sevrage de l'alcool et la prévention des rechutes

Contexte

La consommation excessive chronique d'alcool peut entraîner une dépendance et un syndrome de sevrage en alcool (SSA) en cas d'arrêt brutal de la boisson. L'acide gamma-hydroxybutyrique (GHB) peut prévenir et supprimer les symptômes de sevrage et améliorer le taux d’abstinence à moyen terme. Cependant, des estimations claires de ses effets bénéfiques et néfastes n'ont pas encore été établies.

Objectifs

Évaluer l’efficacité et l’innocuité du GHB pour le traitement du SSA et la prévention des rechutes.

Stratégie de recherche documentaire

Nous avons effectué une recherche dans le registre d’essais cliniques du groupe Cochrane sur les drogues et l’alcool (octobre 2008), dans PubMed, EMBASE, CINAHL (de janvier 2005 à octobre 2008), EconLIT (de 1969 à février 2008), et dans les listes de référence des articles analysés.

Critères de sélection

Essais contrôlés randomisés (ECR) et études prospectives contrôlées (EPC) évaluant l'efficacité et l'innocuité du GHB en comparaison avec un placebo ou d'autres traitements pharmacologiques.

Recueil et analyse des données

Trois auteurs ont extrait les données et évalué la qualité méthodologique des études de façon indépendante.

Résultats principaux

Treize ECR ont été inclus, 11 d'entre eux ayant été réalisés en Italie.

Pour le syndrome de sevrage en alcool, les résultats de 1 étude (23 participants) ayant comparé le GHB 50 mg à un placebo donnent l'avantage au GHB pour les symptômes de sevrage : DM -12,1 (IC à 95 % -15,9 à -8,29), mais les effets secondaires tolérés étaient plus fréquents dans le groupe sous GHB : RR 16,2 (IC à 95 % 1,04 à 254,9 ; basé sur le fait que 7 patients sur 11 dans le groupe sous GHB présentaient des vertiges transitoires, contre zéro patient dans le groupe sous placebo). Pour la comparaison du GHB 50 mg avec le clométhiazole, les résultats de 1 étude (21 participants) donnent l'avantage au GHB pour les symptômes de sevrage : DM -3,40 (IC à 95 % -5,09 à -1,71). Pour la comparaison du GHB 100 mg avec le clométhiazole, les résultats de 1 étude (98 participants) donnent l'avantage au clométhiazole pour les effets secondaires : RR 1,84 (IC à 95 % 1,19 à 2,85).

À moyen terme, lorsque l'on compare le GHB 50 mg/jour à un placebo, 1 étude (71 participants, suivi de 3 mois) donne l'avantage au GHB pour le taux d'abstinence (RR 5,35, IC à 95 % 1,28 à 22,4), la consommation contrôlée d'alcool (RR 2,13, IC à 95 % 1,07 à 5,54), les rechutes (RR 0,36, IC à 95 % 0,21 à 0,63), et le nombre de verres par jour (DM -4,60, IC à 95 % -6,18 à -3,02). Pour l'abstinence, le GHB montrait de meilleurs résultats que la naltrexone (NTX) (2 études, 64 participants) (RR 2,59, IC à 95 % 1,35 à 4,98 après 3 mois) et que le disulfiram (1 étude, 59 participants) (RR 1,66, IC à 95 % 0,99 à 2,80 après 12 mois, légèrement significatif). L'association du GHB et de la NTX donnait de meilleurs résultats que la NTX pour l'abstinence (RR 12,3, IC à 95 % 1,79 à 83,9 après 3 mois ; 1 étude, 35 participants). L'association de la NTX, du GHB et de l'escitalopram donnait de meilleurs résultats que l'escitalopram seul pour l'abstinence (RR 2,02, IC à 95 % 1,03 à 3,94 à 3 mois ; RR 4,58, IC à 95 % 1,28 à 16,5 à 6 mois ; 1 étude, 23 participants). Concernant l'échelle sur les envies impérieuses de boire, les résultats donnent l'avantage au GHB par rapport au placebo (DM -4,50, IC à 95 % -5,81 à -3,19 après 3 mois ; 1 étude, 71 participants) et au disulfiram après 12 mois (DM -1,40, IC à 95 % -1,86 à -0,94, 1 étude portant sur 41 participants).

Toutes les autres comparaisons et les autres résultats n'ont pas montré de différence significative.

Conclusions des auteurs

Il n'existe pas suffisamment de données randomisées pour indiquer une différence entre le GHB et un placebo, ou pour déterminer de façon formelle si le GHB est plus ou moins efficace que d'autres médicaments dans le traitement du sevrage en alcool ou de la prévention des rechutes. Les quelques données randomisées disponibles semblent indiquer que le GHB 50 mg pourrait être plus efficace qu'un placebo dans le traitement du SSA, et dans la prévention des rechutes et des envies impérieuses de boire chez les personnes alcooliques déjà désintoxiquées pendant les 3 premiers mois de suivi. Cette revue ne fournit pas de preuves pour ou contre le GHB par rapport aux benzodiazépines et au clométhiazole dans le traitement du SSA ; mais, sur la base, cette fois encore, d'un petit nombre de données randomisées, le GHB semble plus efficace que la NTX et le disulfiram pour le maintien de l'abstinence et la prévention des envies impérieuses de boire à moyen terme (3 à 12 mois). Cette revue ne fournit pas de données prouvant qu'il existe une différence d'effets secondaires entre le GHB et les benzodiazépines, la NTX ou le disulfiram. Ces résultats doivent être considérés en tenant compte des préoccupations qui ont été soulevées au sujet du GHB concernant le risque de développement d'une addiction, et le mésusage ou l'abus du médicament, qui donnent à penser qu'il convient de n'utiliser le GHB que sous surveillance médicale étroite.

Plain language summary

Gamma-hydroxybutyrate for treating symptoms associated with alcohol withdrawal and preventing relapses for people who are dependent on alcohol

Excessive long term alcohol consumption can lead to dependence on alcohol. This means that when a person stops drinking suddenly he or she experiences withdrawal symptoms. The main goals for clinical management of alcohol withdrawal are to minimize the severity of symptoms and facilitate entry into a treatment program, so that the person can achieve and maintain abstinence from alcohol. Symptoms of withdrawal range from tremor, nausea, anxiety, restlessness and insomnia to more severe effects such as seizures, hallucinations, agitation and delirium. Progression to coma and cardiac arrest is possible. Medications that are intended to help people who are dependent on alcohol to withdraw from it include benzodiazepines, anticonvulsants and gamma-hydroxybutyrate (GHB). GHB was first available as a health food and body-building supplement, but reports of adverse events led to its withdrawal for that purpose.

Thirteen randomised controlled trials involving 648 participants were included in this review. Eleven of these were conducted in Italy. However, there is not enough reliable evidence from the research that has been done to date to be confident of a difference between GHB and placebo, or to determine reliably if GHB is more or less effective than other drugs for the treatment of alcohol withdrawl or the prevention of relapses.

Six trials with a total of 286 participants evaluated the effectiveness of GHB in reducing withdrawal syndrome. These compared the drug with a variety of other interventions, making it impossible to use them all in a single analysis. One study suggests that GHB might reduce withdrawal symptoms more than a placebo, but this is based on a very small number of patients. No strong differences were observed between GHB and benzodiazepines or Clomethiazole. In the other comparisons, the differences were not statistically significant.

Seven trials involving 362 participants tested the use of GHB to treat alcohol dependence or prevent relapses if a person was already detoxified (mid-term outcomes). These included several different comparisons, so each analysis was able to include only one or two trials; and the trials were generally small (range 17 to 98 participants). GHB did appear to be better than Naltrexone and Disulfiram in maintaining abstinence and preventing craving, based on two trials and one trial respectively for these comparisons. The most consistently reported side effect of GHB was dizziness and vertigo, with this being more common at higher doses. The findings of this review should be considered alongside concerns that have been raised about GHB regarding the risk of developing addiction, and the misuse or abuse of the drug, suggesting to use GHB only under strict medical surveillance.

Résumé simplifié

Gamma-hydroxybutyrate pour le traitement des symptômes associés au sevrage de l'alcool et la prévention des rechutes pour les personnes présentant une dépendance à l'alcool

La consommation excessive et prolongée d'alcool peut entraîner une dépendance à l'alcool. Lorsqu'une personne alcoolo-dépendante arrête subitement de boire, elle présente alors des symptômes de sevrage. Les principaux objectifs de la prise en charge clinique du sevrage de l'alcool sont de réduire au maximum la sévérité des symptômes et de faciliter l'admission pour un sevrage thérapeutique, de manière à ce que la personne réussisse à s'abstenir durablement de consommer de l'alcool. Les symptômes du sevrage vont des tremblements, des nausées, de l'anxiété, de la nervosité et de l'insomnie à des effets plus sévères tels que les crises convulsives, les hallucinations, l'agitation et le délire. Il peut s'ensuivre un coma ou un arrêt cardiaque. Les médicaments conçus pour aider les personnes alcoolo-dépendantes à se sevrer de l'alcool comprennent les benzodiazépines, les anticonvulsivants et le gamma-hydroxybutyrate (GHB). Le GHB était initialement vendu en tant qu'aliment santé et supplément alimentaire pour culturistes, mais il a été retiré de ce marché en raison des effets indésirables signalés.

Treize essais contrôlés randomisés portant sur 648 participants ont été inclus dans cette revue. Onze de ces essais ont été réalisés en Italie. Cependant, les recherches effectuées à ce jour ne comportent pas suffisamment de preuves fiables pour indiquer une différence entre le GHB et un placebo, ou pour déterminer de façon formelle si le GHB est plus ou moins efficace que d'autres médicaments dans le sevrage thérapeutique en l'alcool ou la prévention des rechutes.

Six essais portant sur un total de 286 participants ont évalué l'efficacité du GHB dans la réduction du syndrome de sevrage. Ces essais comparaient le médicament à une variété d'autres interventions, ce qui n'a pas permis de toutes les utiliser au sein d'une seule et même analyse. Une étude semble indiquer que le GHB pourrait réduire les symptômes de sevrage davantage qu'un placebo, mais elle ne repose que sur un très petit nombre de patients. Aucune différence importante n'a été observée entre le GHB et les benzodiazépines ou le Clométhiazole. Dans d'autres comparaisons, les différences n'étaient pas statistiquement significatives.

Sept essais portant sur 362 participants ont testé l'utilisation du GHB pour traiter la dépendance à l'alcool ou prévenir les rechutes si une personne était déjà sevrée ou désintoxiquée (résultats à moyen terme). Ces essais comportant plusieurs comparaisons différentes, chaque analyse ne pouvait comprendre qu'un ou deux essais. Par ailleurs, les essais étaient généralement de petite taille (de 17 à 98 participants). D'après deux différents essais et un essai individuel, respectivement, utilisés pour ces comparaisons, le GHB s'est avéré plus efficace que la naltrexone et le disulfiram pour le maintien de l'abstinence et la prévention des envies impérieuses de boire. L'effet secondaire le plus fréquemment signalé du GHB était les étourdissements et les vertiges, la fréquence de ces effets augmentant en fonction de la dose. Les résultats de cette revue doivent être considérés en tenant compte des préoccupations qui ont été soulevées au sujet du GHB concernant le risque de développement d'une addiction, et le mésusage ou l'abus du médicament, qui indiquent qu'il convient de n'utiliser le GHB que sous surveillance médicale étroite.

Notes de traduction

Translated by: French Cochrane Centre

Translation supported by: Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Santé Français

Ancillary