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Résumé

  1. Top of page
  2. Résumé
  3. Introduction
  4. Pauvreté, risques et vulnérabilités: les orphelins
  5. La situation des orphelins dans la SADC, et tout particulièrement au Mozambique
  6. Cadre conceptuel des programmes d'action en faveur des orphelins
  7. Mesures prises par les pouvoirs publics en faveur des orphelins au Mozambique et impact des interventions
  8. Conséquences du placement en établissement sur la vie des orphelins: résultats d'enquêtes réalisées dans des centres d'accueil sélectionnés
  9. Conclusions et recommandations
  10. Bibliographie

S’efforçant de placer la situation des orphelins du Mozambique dans son contexte régional, celui de l’Afrique australe, et s’inspirant d'études sur le terrain tant quantitatives que qualitatives, cet article examine les différents modes de prise en charge des orphelins et la politique de protection qui leur est applicable au Mozambique, en s’intéressant tout particulièrement aux enfants qui vivent dans des centres d'hébergement ou qui fréquentent les foyers d'accueil. Dans un souci de mieux faire comprendre ce que vivent ces enfants et de jeter un éclairage sur la protection sociale qui leur est fournie, cette analyse montre que les orphelins qui sont pris en charge de manière informelle par des familles d'accueil présentent davantage de risques d'être exploités, négligés ou maltraités que ceux qui vivent dans des structures d'accueil non gouvernementales. Cette étude souligne la nécessité de sélectionner avec plus d'attention les familles d'accueil dans lesquelles les enfants sont placés. Les recommandations portent notamment sur la nécessité de privilégier le renforcement des capacités et les réformes institutionnelles tendant à mettre en place des politiques de protection sociale pour les orphelins dans le cadre d'un socle général de protection sociale. Le suivi et l'évaluation des institutions qui prennent en charge les orphelins s’imposent comme une priorité.


Introduction

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  5. La situation des orphelins dans la SADC, et tout particulièrement au Mozambique
  6. Cadre conceptuel des programmes d'action en faveur des orphelins
  7. Mesures prises par les pouvoirs publics en faveur des orphelins au Mozambique et impact des interventions
  8. Conséquences du placement en établissement sur la vie des orphelins: résultats d'enquêtes réalisées dans des centres d'accueil sélectionnés
  9. Conclusions et recommandations
  10. Bibliographie

L'Afrique australe est le théâtre de bon nombre de crises sociales. Ces crises se manifestent par des niveaux élevés de pauvreté, de chômage, d'insécurité alimentaire, de déplacement, par des taux de mortalité démesurément élevés, par de faibles niveaux d'espérance de vie et par une dislocation du tissu social. Le Mozambique, qui a plus de trois décennies d'indépendance politique à son actif et qui a dû gérer une longue transition sociale et économique après son passé colonial, offre un contexte bien particulier dans lequel il doit trouver une solution à ces problèmes sociaux. Ceux-ci sont encore aggravés par la survenue de risques et vulnérabilités relativement nouveaux, tels que ceux liés au VIH/sida (Virus de l'immunodéficience humaine/syndrome d'immunodéficience acquise). Dans cet article, les défis auxquels le Mozambique est confronté en matière de politique et de protection sociales sont examinés sous l'angle des orphelins.

Le Mozambique fournit une étude de cas instructive d'un pays qui s’emploie à établir les conditions structurelles qui sous-tendent l'éducation et la santé, l'employabilité future et l'espérance de vie des enfants, tout en trouvant un remède aux conséquences dévastatrices du VIH/sida (UNICEF, ONUSIDA et PEPFAR, 2006; UNICEF, 2009b). Si les conséquences du VIH/sida posent de nombreux problèmes en règle générale, les enjeux sociaux auxquels sont confrontés les pays qui doivent gérer de multiples transitions (économiques, politiques et sociales) par suite de la démocratisation et de la reconstruction sociale consécutive à une guerre sont particulièrement cruciaux. Les changements structurels qui s’imposent pour accompagner la réforme économique, sociale et des infrastructures doivent également tenir compte du sort tragique d'un nombre croissant d'orphelins et de la façon dont leur marginalisation, ou leur mise à l'écart, dans les interventions à visée sociale peut influer sur les objectifs de développement.

Le Mozambique se demande comment faire pour que les préoccupations sociales que suscitent les orphelins soient prises en compte dans les programmes d'action des pouvoirs publics. Les premières tentatives consistant à accorder la priorité à la prise en charge et à la protection des enfants orphelins ont peu de chances de faire évoluer les politiques gouvernementales si ces démarches ne peuvent s’appuyer sur des travaux de recherche fondés sur des données irréfutables. Il importe donc d'entreprendre davantage d'études empiriques pour mieux appréhender la situation des orphelins et pour savoir si les parades sociales existantes sont suffisantes pour remédier aux problèmes auxquels sont confrontés les orphelins. En examinant la situation des orphelins dans son contexte régional, celui de l'Afrique australe, cet article vise avant tout à explorer un domaine de la politique sociale qui en est à ses balbutiements et qui est loin de figurer en bonne place parmi les préoccupations gouvernementales, alors que la nécessité s’en fait de plus en plus sentir: il est impératif d'avoir un ensemble de mesures et de programmes qui proposent divers modes de prise en charge des orphelins.

Le reste de l'article est structuré comme suit. En s’inspirant d'études empiriques récentes entreprises au Mozambique, les auteurs mettent tout d'abord en exergue la vulnérabilité des orphelins et soulignent les problèmes auxquels se heurtent les prestataires de service lorsqu'ils tentent de satisfaire les besoins des orphelins. Ils décrivent ensuite la situation des orphelins au Mozambique et, au moyen d'une enquête portant sur un nombre précis d'orphelins et de centres d'accueil, ils repèrent les évolutions qualitatives qui sont intervenues dans les centres où des actions ont été menées pour parer aux difficultés rencontrées par les enfants. En proposant une analyse comparative des différents modes de prise en charge dans le pays par rapport aux tendances qui se font jour dans la région, les auteurs de l'article estiment que, compte tenu de la pauvreté chronique généralisée, du chômage et des nouvelles vulnérabilités suscitées par le VIH/sida, des pays comme le Mozambique se doivent d'instaurer un socle de protection sociale pour faire face à la pauvreté chronique, aux nouveaux risques et aux vulnérabilités.

Pauvreté, risques et vulnérabilités: les orphelins

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Alors qu'aujourd'hui les travaux de recherche et les discours en matière de politique sociale et de protection sociale témoignent d'une réflexion multidimensionnelle face à la pauvreté, on remarque que la nécessité d'être plus nuancé dans la manière d'appréhender les questions de risque, de vulnérabilité et de groupes vulnérables ne suscite étonnamment que peu d'attention (Hoogeveen et al., 2005). Comprendre les liens qu'il y a entre pauvreté, risques et vulnérabilités, du fait que ces aléas frappent ceux qui sont le plus susceptibles d'être vulnérables, est essentiel pour pouvoir cibler de façon efficace et efficiente les politiques sociales. L'analyse du rôle du risque dans la dynamique de la pauvreté et la mise en place de stratégies pour pallier ce risque s’inscrivent d'ordinaire dans le cadre des politiques de protection sociale. A un autre niveau d'analyse, il est communément admis que certaines catégories de personnes sont, au cours des différentes périodes de leur vie, plus vulnérables que d'autres aux crises et aux risques émergents et qu'elles réclament, par conséquent, des interventions spécifiques des pouvoirs publics. Les enfants, les adultes considérés comme âgés et les gens qui vivent dans des états chroniques de pauvreté sont souvent définis comme étant vulnérables et sujets à risque. Cette définition tient compte de nombreux facteurs comme l'âge, la situation géographique (rurale, urbaine), le niveau de pauvreté eu égard aux revenus et aux biens et les carences en matière de soins et d'éducation.

Deux facteurs déterminants ressortent invariablement des études sur le risque, la vulnérabilité et les groupes vulnérables. L'un concerne la relation entre le risque et la pauvreté et l'autre met en regard ces individus identifiés comme appartenant à un groupe vulnérable et les facteurs qui participent du risque et de la vulnérabilité pour ce groupe. Une analyse fondée sur le cycle de vie, recoupée avec une analyse des tendances sociales et économiques dans la Communauté de développement de l'Afrique australe (Southern African Development Community – SADC)1, met en exergue des niveaux préoccupants de vulnérabilité d'une certaine catégorie de la population. Celle-ci, qui n'est autre que les orphelins et les enfants vulnérables, témoigne de degrés multiples de vulnérabilité, de risque et de difficulté.

Le nombre croissant d'orphelins au Mozambique pose problème pour la politique sociale et nécessite une solution d'ensemble en matière de protection sociale. Les orphelins constituent un sujet de préoccupation en matière de politique sociale parce que, faute d'interventions spécifiques du gouvernement et de mesures sociales plus étendues, ils entrent dans une catégorie démographique vulnérable et à haut risque du fait de leur extrême pauvreté et des épreuves qu'ils subissent au cours de leur vie. De ce point de vue, la protection sociale a été considérée, parmi toutes les autres mesures sociales, comme le meilleur outil pour protéger ce groupe vulnérable d'enfants (JLICA, 2009).

S'il est reconnu que la vulnérabilité n'est pas synonyme de pauvreté (Chambers, 2006), on constate néanmoins que les orphelins connaissent à la fois la pauvreté et la vulnérabilité car ils n'ont pas l'appui de leurs parents, ils sont sans défense, sujets à diverses formes d'insécurité et exposés aux risques et aux crises sans pouvoir bénéficier de systèmes d'aide appropriés. Les enfants orphelins constituent une catégorie particulièrement vulnérable de la population car, faute d'interventions systématiques des pouvoirs publics, ils peuvent se retrouver privés de nombreuses prestations essentielles (éducation, soins de santé et hébergement). Ils connaissent également l'isolement social et risquent de voir leurs droits fondamentaux d'êtres humains violés. Le plus souvent, ces enfants n'ont pas la maturité physique et émotionnelle ni la résilience nécessaires pour surmonter le traumatisme que représente le fait de se retrouver orphelin, dans un contexte d'extrême pauvreté structurelle qui plus est.

La situation des orphelins dans la SADC, et tout particulièrement au Mozambique

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  6. Cadre conceptuel des programmes d'action en faveur des orphelins
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  9. Conclusions et recommandations
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Le nombre d'orphelins augmente à un rythme inquiétant dans le monde entier. Selon certaines estimations, en 2000, quelque 35 millions d'enfants avaient perdu un parent voire les deux pour différentes raisons (Hunter et Williamson, 2000). En 2007, ce nombre avait plus que quadruplé pour atteindre les 163 millions (UNICEF, 2007). L'Afrique subsaharienne est la région la plus touchée par la pandémie de VIH/sida, avec un taux de prévalence du VIH chez les adultes six fois supérieur à la moyenne mondiale. En 1990, des données alarmantes révélaient déjà que, dans la région, quelque 28,4 millions d'enfants âgés de moins de 18 ans avaient perdu un parent, voire les deux. Cette tendance devait, selon toute attente, se poursuivre pour atteindre le chiffre de 55,3 millions d'orphelins en 2007, ce qui représentait quelque 80 pour cent des orphelins dans le monde (Hunter et Williamson, 2000). Les pays membres de la SADC comptent pour près d'un tiers du total, avec 17 millions d'enfants considérés comme orphelins dans cette région (Mkhulisi, 2011).

Sur le chiffre total, la proportion d'orphelins dans chaque pays de la région n'a pas beaucoup évolué entre 2000 et 2007, sauf à Madagascar, au Mozambique et en Zambie où elle accusait une légère baisse, comme le montre le graphique 1. A l'opposé, l'Afrique du Sud, le Swaziland et le Zimbabwe enregistraient eux une hausse.

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Figure 1. Les orphelins dans les pays de la SADC, 2000-2007

Note: Pas de données pour Maurice en 2000.

Source: Les chiffres pour 2000 sont tirés de UNICEF, ONUSIDA et USAID 2004) et ceux de 2007 de UNICEF et al. 2009). Les données concernant les Seychelles n'étaient disponibles dans aucun des deux documents.

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Fort d'une population totale de 20,5 millions d'habitants, le Mozambique compte parmi les pays les plus pauvres au monde, comme en témoigne son classement au 184e rang sur 187 pays dans l'Indice de développement humain 2011. Tandis que le taux de mortalité chez les moins de cinq ans a baissé, passant de 201 décès pour 1000 naissances vivantes en 1990 à 138 décès pour 1000 naissances vivantes en 2008, la surveillance sentinelle pour 2009 a révélé une prévalence nationale du VIH de 15 pour cent – ou 16 pour cent pour les femmes enceintes, avec une espérance de vie de 50,2 ans (INE, 2009; PNUD, 2011). En 2008, au Mozambique, 12 pour cent environ des enfants âgés de 0 à 17 ans – soit 1,4 million d'enfants – ont été rangés dans la catégorie des orphelins, les zones urbaines enregistrant des pourcentages légèrement supérieurs aux zones rurales (INE, 2009). Compte tenu du niveau de prévalence du VIH et des taux d'infection, on estime à 670 000 les enfants qui sont devenus orphelins à cause du sida (USAID Mozambique, 2012). Comme on pouvait s’y attendre, il existe une forte corrélation entre le pourcentage d'orphelins/enfants vulnérables et le taux d'infection au VIH/sida par province (INE, 2009). Et pourtant il semblerait, selon des données récentes, que le nombre d'orphelins du sida ait baissé au Mozambique à un rythme plus élevé que le rythme moyen des pays de la SADC, comme l'indique le graphique 2. Il reste à examiner dans quelle mesure cette diminution peut être en lien avec des interventions spécifiques des pouvoirs publics. Pour aborder cette question, il convient tout d'abord de comprendre le cadre conceptuel dans lequel s’inscrivent les interventions des pouvoirs publics des pays de la région.

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Figure 2. Nombre d'orphelins au Mozambique et moyenne dans les pays de la SADC, 2003-2007

Source: Les chiffres de 2003 proviennent de l'ouvrage UNICEF, ONUSIDA et USAID 2004), tandis que les chiffres de 2007 proviennent de l'ouvrage UNICEF et al. 2009).

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Cadre conceptuel des programmes d'action en faveur des orphelins

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  10. Bibliographie

La préoccupation croissante que suscite la situation des orphelins dans la région a fait naître la volonté de mettre en place des politiques, réglementations et normes afin de soutenir les orphelins aux niveaux mondial et régional. L'Assemblée générale des Nations Unies a, lors de sa 26e session extraordinaire qui s’est tenue en 2001, adopté à l'unanimité une Déclaration d'engagement signée par 189 Etats membres et visant à accroître sensiblement tant les ressources que l'attention portée à la lutte contre l'épidémie du VIH/sida. Cette déclaration affirmait vouloir mettre en œuvre, d'ici à 2005, des politiques et stratégies nationales visant à renforcer les capacités afin d'assurer un environnement favorable aux orphelins et aux enfants infectés et affectés par le VIH/sida et de veiller à ce qu'ils soient scolarisés et qu'ils aient accès à des services sanitaires sur un pied d'égalité avec les autres enfants.

Au niveau régional, la Consultation Afrique-Europe sur les enfants orphelins et rendus vulnérables par le VIH/sida en Afrique, qui s’est tenue en 2004, a encore approfondi le débat. Les parlementaires des pays participants ont approuvé la Déclaration de Cape Town visant à améliorer la réponse des parlementaires à la crise des orphelins et autres enfants rendus vulnérables par le VIH/sida en Afrique. Cette déclaration comporte l'engagement de mettre au point des plans d'action nationaux en faveur des orphelins et des enfants vulnérables.

Par ailleurs, en 2006, sous les auspices de l'Union africaine, 13 pays de l'Afrique orientale et australe se sont engagés, dans le cadre de l'Accord de Livingstone, à mettre au point des stratégies nationales de protection sociale (UNICEF, 2008a et 2008b). Tandis que les Nations Unies élaboraient, en 2007, des directives concernant l'utilisation appropriée des différents modes de prise en charge des enfants et les conditions applicables, la SADC approuvait, en 2008, le Cadre et le Programme d'action pour les orphelins, les enfants vulnérables et les jeunes, tendant à fournir une réponse régionale aux besoins des orphelins et insistant tout particulièrement sur le choix d'une démarche holistique et intégrée pour traiter les problèmes des orphelins (FAO, 2009).

Au niveau mondial, la Conférence internationale du Travail a, en 2012, accepté dans la recommandation (no 202) concernant les socles nationaux de protection sociale, 2012, que ceux-ci assurent un revenu de base aux enfants de même que la gratuité des soins médicaux prénatals et postnatals aux personnes les plus vulnérables (BIT, 2012)2.

La protection sociale est, à ce titre, de plus en plus considérée comme le meilleur outil pour protéger ce groupe vulnérable que sont les enfants (JLICA, 2009). Par rapport à la protection de l'enfant qui est «l'ensemble de lois, de politiques, de règlements et de services que tous les secteurs sociaux – en particulier les secteurs du bien-être social, de l'éducation, de la santé, de la sécurité et de la justice – doivent appliquer pour soutenir les efforts de prévention et atténuer les risques» pour les enfants, la protection sociale, elle, est définie comme un ensemble de transferts et de services qui aident les individus et les ménages à faire face aux risques et à l'adversité (et notamment aux situations d'urgence), et garantissent un minimum de dignité et de bien-être tout au long de la vie (UNICEF, 2008a et 2008b). La protection sociale constitue donc un cadre plus large dans lequel il convient d'intégrer la protection de l'enfant.

La protection sociale compte pour une part importante dans les programmes d'action de nombreux pays africains, compte tenu des problèmes croissants d'insécurité alimentaire et de vulnérabilité, du peu d'effets des interventions en matière de développement sur la réduction de la pauvreté et des crises humanitaires récurrentes qui suscitent des appels d'aide humanitaire (Devereux et Cipryk, 2009). De fait, la nécessité de fournir une protection sociale se fait davantage sentir en Afrique subsaharienne que dans toute autre région du monde, eu égard notamment aux niveaux élevés de pauvreté et au grand nombre de facteurs qui rendent les gens vulnérables. Si la pauvreté structurelle chronique touche la majorité des gens, les risques et vulnérabilités qu'elle fait peser sur les enfants, les femmes et les personnes âgées sont différents et encore plus pernicieux. Dans les pays où la pauvreté est généralisée, où les risques et les vulnérabilités sont endémiques et où les ressources sont restreintes, les pouvoirs publics ont extrêmement de mal à établir un ordre de priorité dans leurs choix. Les indicateurs et les mesures qui établissent une distinction entre la pauvreté d'une part et la vulnérabilité et le risque d'autre part (Chambers, 2006) permettent de cibler les mesures de protection sociale de sorte qu'elles n'entraînent pas de faux arbitrages entre la nécessité d'instaurer un socle de protection sociale et les politiques propres à lutter contre les risques et la vulnérabilité.

Le plus souvent, la protection sociale dans la majorité des pays de l'Afrique subsaharienne prend la forme d'une aide humanitaire et de «filets de sécurité» alimentaires. En 2008, une vaste étude portant sur 53 pays africains a révélé que les mesures de sécurité sociale en vigueur dans la majorité des pays africains étaient uniquement associées aux régimes contributifs qui bénéficient essentiellement aux travailleurs salariés qui ne représentent qu'une faible proportion de la population totale dans bon nombre de ces pays (Taylor, 2008). L'extrême pauvreté, l'aggravation du chômage et l'insécurité alimentaire montrent aux autorités africaines l'impérieuse nécessité d'envisager la protection sociale sous un autre angle et de la considérer comme un moyen clé pour lutter contre la pauvreté, les risques et les vulnérabilités suscités par le VIH/sida. Comme cela a été mentionné, les stratégies actuelles en matière de développement ont peu d'effets sur la réduction de la pauvreté et ne contribuent guère à prévenir les crises humanitaires qui occasionnent des appels d'aide humanitaire (Devereux et Cipryk, 2009).

Il s’ensuit que la tendance actuelle en Afrique australe consiste à privilégier un panier de mesures de protection sociale – celle notamment qui consiste à effectuer des transferts monétaires inconditionnels à l'intention des enfants (Taylor, 2008; Devereux et Cipryk, 2009)3. Ces dernières années, les transferts sociaux sous forme de soins de santé primaires, d'éducation de base, de services sociaux essentiels et de transferts monétaires ont été considérés comme étant des moyens d'action déterminants pour réduire la pauvreté et promouvoir le bien-être des ménages et un tremplin idéal pour atteindre les objectifs économiques fondamentaux (Taylor, 2008).

Les enfants affectés par le VIH/sida requièrent un dispositif complet de protection sociale qui va bien au-delà des transferts monétaires et qui fournit des services sociaux essentiels (santé, éducation, eau et assainissement) de même que d'autres services d'aide et mesures de protection axés sur l'enfant et la famille (Greenblott, 2008; Taylor, 2011). Ces politiques sociales et prestations de service doivent intégrer le développement de la petite enfance, les protections juridiques et la reconnaissance pratique des droits, l'aide psychologique, l'accompagnement en cas de décès et la création de comités de protection de l'enfance à assise communautaire. En outre, des dispositifs d'orientation, des formules viables permettant différents modes de prise en charge, une réintégration dans la famille, une législation et des réglementations visant à garantir l'équité et la qualité des services sociaux ainsi que des programmes tendant à promouvoir l'emploi et à assurer des moyens de subsistance s’avèrent indispensables (Greenblott, 2008). Les mesures de protection sociale visant à instaurer la justice sociale et à réduire les risques et les vulnérabilités dont sont victimes les enfants doivent reposer sur les valeurs des droits de l'homme et sur une logique de sécurité humaine (Nations Unies, 1989).

Tous s’accordent à reconnaître que lorsque les enfants ont besoin d'autres types de prise en charge réclamant par exemple un environnement familial, le placement dans une famille d'accueil ou l'adoption en bonne et due forme s’avèrent alors appropriés et préférables à un placement temporaire en foyer d'accueil, du fait notamment que cette prise en charge et cet accompagnement sur le long terme sont particulièrement bénéfiques pour les enfants, mais aussi pour les pouvoirs publics en termes de coûts (Better Care Network, 2009a et 2009b; UNICEF, 2008a et 2008b; Dunn, Jareg et Webb, 2004; Browne, 2009). Parmi les autres mesures qui contribuent au bien-être des enfants orphelins, on peut citer la sélection et le suivi effectif des dispositifs de prise en charge, le développement des capacités locales qui doivent veiller à ce que les filets de sécurité bénéficient bien à ceux qui en ont besoin, et les services d'information et de consultation dispensés dans le cadre de la communauté ou de l'école. L'aide financière accordée aux familles d'accueil ainsi qu'un suivi et un accompagnement appropriés des enfants ainsi placés font également partie intégrante de la protection sociale des enfants orphelins (Gudbrandsson, 2004; Hutchinson et Thurman, 2009; Smart, 2003; Radeny et Bunkers, 2009; Tolfree, 2003; Badcock-Walters et al., 2005; Yablonski et Woldehanna, 2008; Zaveri, 2008). Par-delà ces mesures de protection sociale, on sait peu de chose des programmes d'appui aux moyens de subsistance qui pourraient aider les orphelins lorsqu'ils entrent dans l'âge adulte. Les travaux de recherche menés par les Nations Unies et Partners’ Alliance for Livelihood ont mis l'accent sur la protection sociale des orphelins et enfants vulnérables du secteur de l'agriculture essentiellement et ont mis en exergue le peu d'aide accordée dans ce secteur en termes d'appui aux moyens de subsistance (Nations Unies et Partners’ Alliance, 2007).

Etant donné que près de 12 pour cent des enfants au Mozambique sont orphelins, la part des sommes allouées par le gouvernement, dans le budget national, aux services et aux instruments de protection sociale est insuffisante. Compte tenu de l'ampleur des problèmes dus à la pauvreté chronique, aux vulnérabilités et aux risques, il est important que le pays ait une vision stratégique globale et harmonisée de la protection sociale de façon à permettre une utilisation efficace et équitable du peu de ressources dont il dispose.

Mesures prises par les pouvoirs publics en faveur des orphelins au Mozambique et impact des interventions

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De récentes études indiquent que des progrès significatifs ont été réalisés au niveau de l'élaboration des politiques et des cadres juridiques visant à aider et à prendre en charge les orphelins et autres enfants vulnérables dans certains pays de la SADC (UNICEF, 2007). Ainsi, au Swaziland, 41 pour cent des ménages ayant en charge des orphelins et des enfants vulnérables ont reçu une forme d'aide extérieure (UNICEF, 2012). En Afrique du Sud, la prise en charge des enfants vulnérables et l'aide qui leur est accordée par le biais de mesures d'aide sociale procurent également une sorte de ballon d'oxygène (Samson, van Niekerk et Mac Quene, 2006). Le gouvernement du Mozambique a également obtenu des résultats encourageants grâce à la mise en place d'un cadre d'action propice au soutien et à la prise en charge des orphelins. Ainsi, le pourcentage d'orphelins dont les familles d'accueil perçoivent une aide a quadruplé, passant de 5,5 pour cent en 2004 à 22 pour cent en 2008. Cette démarche témoigne du fait que le gouvernement du Mozambique est bien conscient qu'il se doit de prendre en compte les droits des orphelins et des enfants vulnérables dans le cadre de sa politique de protection sociale. A cet effet, le gouvernement a, en 1994, ratifié la Convention internationale des droits de l'enfant des Nations Unies (1989); il a accordé une place particulière aux droits des enfants dans sa constitution nationale et a adopté une loi sur la famille en 2004. Outre la loi sur la protection sociale de 2007, la loi sur les enfants de 2008 et la loi sur la justice des mineurs de 2008, la réglementation sur la sécurité sociale de base, adoptée en 2009, définit quatre domaines d'intervention différents, et notamment l'action sociale en faveur des familles d'accueil des orphelins et des enfants vulnérables (Mausse et Cunha, 2011). Ces réformes et ces évolutions juridiques ont permis d'accroître sensiblement les efforts de planification et de mise en application des politiques par rapport aux autres pays entre 2004 et 2007, comme le montre le tableau 1.

Table 1. Index d'efforts dans les politiques et la planification en matière d'OEV (OPPEI) dans les pays de la SADC et au Mozambique, 2004-2007
 MozambiqueMoyenne des pays de la SADC
2004200720042007
Source: UNICEF (2007).
1Analyse de la situation nationale53866078
2Processus de consultation49606372
3Mécanisme de coordination64756171
4Plans d'action nationaux59776576
5Intervention des pouvoirs publics4554260
6Révision législative10723649
7Suivi et évaluation43404559
8Mobilisation des ressources48605759
9Score total de l'OPPEI41665367

Les progrès réalisés au Mozambique dans la prise en charge et le soutien des orphelins ressortent très clairement d'indicateurs comme le taux de fréquentation scolaire chez les orphelins âgés de 10 à 14 ans qui enregistre une hausse, passant de 32 pour cent en 2004 à 77 pour cent en 2008 (INE, 2009). Cette augmentation sensible, conjuguée aux informations fournies par d'autres indicateurs, donne à penser que ces améliorations sont le fruit des réformes et des évolutions juridiques qui se sont opérées dans certains secteurs sociaux de première importance comme l'éducation et la protection sociale. Comme le montre le graphique 3, les résultats du Mozambique sont légèrement inférieurs à la moyenne obtenue par les pays de la SADC dans une évaluation des politiques mises en place par 12 pays de la SADC sur 15 dans le secteur de l'éducation pour faire face au VIH/sida (Badcock-Walters et Heard, 2010). Ces résultats proviennent d'un rapport de synthèse sur les politiques, stratégies et documents de planification en matière de VIH/sida dans les pays de la SADC, rapport qui s’est tout d'abord employé à vérifier que ces instruments existaient, puis a analysé leur pertinence, leur niveau d'actualisation et leurs résultats. L'analyse révèle une tendance à privilégier les stratégies d'action plutôt que les considérations de principe et elle montre la nécessité de renforcer la synergie entre tous les secteurs en question (Badcock-Walters et Heard, 2010). Malgré les progrès réalisés sur le front de la planification et de l'action des pouvoirs publics, la couverture du traitement antirétroviral chez les enfants au Mozambique (14 pour cent) se situe bien en deçà de la couverture affichée par la Zambie (36 pour cent), l'Afrique du Sud (54 pour cent) et le Botswana (90 pour cent) (OMS, UNICEF et ONUSIDA, 2010).

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Figure 3. Evaluation des politiques mises en place dans le secteur de l'éducation pour faire face au VIH/sida dans certains pays de la SADC, 2010

Source: Badcock-Walters et Heard (2010).

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Conséquences du placement en établissement sur la vie des orphelins: résultats d'enquêtes réalisées dans des centres d'accueil sélectionnés

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  4. Pauvreté, risques et vulnérabilités: les orphelins
  5. La situation des orphelins dans la SADC, et tout particulièrement au Mozambique
  6. Cadre conceptuel des programmes d'action en faveur des orphelins
  7. Mesures prises par les pouvoirs publics en faveur des orphelins au Mozambique et impact des interventions
  8. Conséquences du placement en établissement sur la vie des orphelins: résultats d'enquêtes réalisées dans des centres d'accueil sélectionnés
  9. Conclusions et recommandations
  10. Bibliographie

Une enquête réalisée en 2006 par le ministère de la Femme et de l'Action sociale au Mozambique (MMAS), révèle que 96,4 pour cent des orphelins vivent avec des membres de leur famille biologique, ce qui obéit aux normes culturelles traditionnelles qui accordent la plus haute importance à la continuité familiale (MMAS, 2006). Il est pourtant encore des orphelins, ceux notamment qui ont perdu un de leurs parents voire les deux (c'est-à-dire les «doubles orphelins»), qui ne sont pas pris en charge par les membres de leur famille biologique et qui sont disséminés dans plus de 140 centres d'hébergement qui prennent en charge les orphelins et les enfants vulnérables au Mozambique (UNICEF Mozambique, 2010).

Dans le cadre de cette étude, des recherches sur le terrain ont été menées entre novembre 2010 et janvier 2011 dans sept centres situés dans sept différentes provinces du Mozambique (graphique 4) qui viennent en aide aux orphelins et aux enfants vulnérables.

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Figure 4. Situation géographique des sept centres sélectionnés

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Un échantillon de 75 enfants âgés de 11 à 16 ans a été interrogé. Un minimum de dix enfants a été sélectionné dans chaque centre au moyen d'une procédure de sélection aléatoire simple par stratification. L'échantillon était composé de 45 pour cent de filles et de 55 pour cent de garçons. Outre les questions ouvertes, la recherche a été étayée par des visites d'observation dans les sept centres afin de déterminer les conditions matérielles dans lesquelles vivaient les orphelins. Les enquêteurs ont interrogé trois membres du personnel encadrant dans chaque établissement, en qualité d'informateurs clés, pour définir les types de gestion de l'établissement et de prise en charge des orphelins. Les résultats sont résumés au tableau 2.

Table 2. Profil des sept centres sélectionnés
SitesTypes de prise en chargeGestionNombre total d'enfants
CatembeCentre d'hébergement, de type familialONG47 (24 garçons, 23 filles)
BeiraCentre d'hébergementGroupe religieux50 (38 garçons, 12 filles)
ChimoioAccueil de jour, formation professionnelleONG50 (uniquement des filles)
ChindeCentre d'hébergementCommunautaire50 (26 garçons, 24 filles)
ChokweAccueil de jour, formation professionnelleONG40 (20 garçons, 20 filles)
BoaneCentre d'hébergement, formation professionnelleGroupe religieux152 (uniquement des garçons)
NampulaCentre d'hébergementGouvernement35 (27 garçons, 8 filles)

Les sections suivantes donnent le profil des enfants, leur situation familiale et leur état psychophysique, psychosocial et de développement social. S'agissant des besoins et de la situation des enfants, une analyse préliminaire a été effectuée pour définir l'aide et les ressources dont les sept centres peuvent bénéficier pour prendre en charge les enfants.

Profil des enfants

Sur un échantillon de 75 enfants répartis dans les sept centres, la moitié avait encore un ou deux parents en vie tandis que l'autre moitié avait perdu les deux et relevait donc de la catégorie des «doubles orphelins». Comme l'indique le graphique 5, la majorité de ceux qui avaient un parent en vie avaient leur mère. Parmi les «doubles orphelins», un quart d'entre eux n'avaient plus aucun membre de leur famille en vie, les deux tiers avaient encore au moins un grand-parent, une tante ou un oncle et un sixième des enfants avaient des frères et sœurs qui vivaient avec eux dans le même centre ou qui étaient pris en charge dans d'autres centres. Curieusement, les enfants du centre de Nampula étaient légèrement plus jeunes que ceux des autres centres. Le fait qu'ils soient plus jeunes n'a pas été explicité, mais il est possible que ce centre ne prenne en charge que les jeunes enfants.

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Figure 5. Situation familiale des enfants interrogés

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La situation familiale des enfants variait considérablement d'un des sept centres à l'autre. Ainsi, la plupart des enfants de Chokwe avaient encore leur mère, voire leurs deux parents en vie, tandis que 90 pour cent des enfants de Beira étaient des doubles orphelins4. La majorité des enfants de Nampula, Chokwe, Chimoio et Catembe avaient un parent en vie et, en règle générale, ils étaient plus nombreux à Boane, Chinde et Beira à avoir perdu leurs deux parents. Le fait, pour un enfant, d'avoir été déplacé parce que ses parents ne sont plus en mesure de s’occuper de lui pour des raisons de maladie ou autres a de nombreuses répercussions sociales.

Différences de bien-être physique chez les enfants

Il est possible d'évaluer le bien-être physique des enfants en ayant recours à certaines mesures types comme la taille par rapport au poids et l'indice de masse corporelle (IMC). Ces mesures mettent en évidence les carences en biens et services de première nécessité comme la nourriture et l'accès aux soins de santé. On observe diverses variations dans la santé physique des enfants placés dans les sept centres. L'IMC et l'indice de masse grasse (IMG), mesurés au moyen d'une méthode d'impédance bioélectrique (en fonction du sexe et de l'âge), indiquent que les enfants de Chimoio et de Chokwe sont plus minces en moyenne que les enfants des autres centres (graphique 6). L'une des raisons pouvant expliquer ces variations est que les centres de Chimoio et de Chokwe sont des centres d'accueil de jour et qu'ils ne distribuent pas de repas aux enfants, tandis que les autres centres sont des centres d'hébergement qui offrent les repas.

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Figure 6. Age moyen, IMC et IMG des enfants dans les sept centres

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S'agissant des centres d'hébergement qui fournissent les repas, on constate des différences dans la qualité, la quantité et la fréquence de ceux-ci. Selon toute évidence, les enfants qui ont accès à ces centres font état d'une meilleure santé physique, même si les repas ne sont pas fréquents, ni donnés en quantité suffisante. Selon un fonctionnaire du ministère provincial de la Femme et de l'Action sociale du district de Catembe, l'Etat n'a pas été en mesure de fournir beaucoup d'aide alimentaire, notamment pour les enfants placés dans des familles. Il ne fait aucun doute que, pour que les enfants parviennent à leur maturité physique et psychique, il importe qu'ils puissent bénéficier de repas nourrissants et réguliers. Adopter des mesures tendant à assurer la sécurité alimentaire des enfants de ces centres attire l'attention sur le fait que l'accès à la nourriture doit faire partie d'un socle de protection sociale ou d'un panier de mesures applicables à tous les enfants.

Se basant sur les mesures de l'IMC et autres mesures normatives, l'étude montre que les enfants placés dans des centres d'hébergement se portent mieux en général que ceux qui fréquentent les foyers d'accueil de jour. Or, si l'on compare ces indicateurs normatifs avec les dires des enfants eux-mêmes, on constate des différences sensibles pour ce qui est de la santé physique. L'accès à la nourriture et la qualité de celle-ci se traduisent sur le graphique nutritionnel établi à partir des indications des enfants et ont une incidence proportionnelle sur leur état de santé, comme l'indique le graphique 7 (cadres A et B), en ce qui concerne notamment les enfants de Chimoio et de Chinde. Il importe de poursuivre les recherches pour expliquer les différences enregistrées à Chokwe.

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Figure 7. Etat sanitaire et nutritionnel des enfants dans les sept centres

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Le manque de nourriture a une incidence sur le bien-être physique et émotionnel des enfants. Comme le souligne une adolescente de 14 ans de Chimoio: «Je ne me sens pas bien quand je dois aller à l'école sans manger et quand je vais au lit le ventre vide». Cette jeune fille vit chez son grand-père qui n'arrive pas à trouver de travail. Le lien de causalité entre travail rémunéré, aptitude des familles à nourrir leurs enfants et état de santé de ces enfants ne fait aucun doute. Il est également évident que le fait d'aller à l'école en ayant faim a des incidences émotionnelle et psychologique sur les enfants et sur leurs capacités de concentration. Les indicateurs normatifs sont utiles au sens où ils fixent une norme standard à l'aune de laquelle on peut évaluer la santé physique des enfants mais ils ne rendent pas compte du vécu de ces enfants qui souffrent de la faim, ni de la façon dont ils vivent leur situation.

La prise en charge des orphelins et les incidences sur leur scolarité

L'impression que les enfants ont de leurs conditions d'apprentissage montre que, pour les centres de Beira, de Catembe, de Nampula et de Boane, le matériel pédagogique et les conditions d'apprentissage scolaire répondent bien à leurs besoins et il ne ressort pas de leurs récits qu'ils souffrent d'une quelconque discrimination. Certains enfants des centres de Chimoio, Chinde et, dans une moindre mesure, de Chokwe ont le sentiment qu'ils sont pénalisés à l'école (graphique 8). Cependant l'impression des enfants ne rend pas nécessairement compte de leur rythme de progression d'un niveau à l'autre. Ainsi, les enfants des centres de Chinde et de Chokwe ont déjà atteint en moyenne le niveau 7 contre le niveau 5 pour ceux de Catembe et de Nampula. La progression scolaire peut aussi être représentative de la qualité de l'enseignement et d'autres facteurs étrangers à la prise en charge des orphelins. Il est d'ailleurs intéressant de constater qu'il existe des différences notoires dans les résultats scolaires des orphelins. Prenons par exemple le cas de deux garçons placés dans le même centre à Nampula: l'un scolarisé au niveau 4 savait lire, écrire et compter, tandis que l'autre parvenu au niveau 5 ne savait pas lire, ni écrire ni compter de manière satisfaisante. Ces variations dans les résultats scolaires montrent bien que le fait d'être orphelin peut avoir des répercussions différenciées sur les enfants lorsqu'on associe cette situation aux conditions de la prise en charge de l'orphelin et à son état affectif.

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Figure 8. Scolarisation des enfants dans les sept centres

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Les enfants qui vivent dans des foyers d'accueil vont en général régulièrement à l'école tandis que ceux qui vivent avec des membres de leur famille ont davantage tendance à ne pas être scolarisés ou, s’ils le sont, à ne pas fréquenter l'école régulièrement. A Chinde, un frère et une sœur «doubles orphelins» qui vivaient chez un pasteur de leur communauté avaient abandonné l'école. La fille expliquait qu'elle avait dû s’occuper de son petit frère. De même trois garçons en âge scolaire de Chokwe, qui vivaient avec leur mère mais dont le père était mort, n'allaient pas à l'école parce qu'ils souffraient d'une infection oculaire. Ils n'étaient pas en mesure d'obtenir des informations sur l'aide ou les services qu'ils pouvaient recevoir vu qu'ils ne fréquentaient aucune structure d'accueil des orphelins.

Les orphelins sont davantage exposés aux mauvais traitements et à l'exploitation

Dans ces centres, on enregistre moins de variations dans les conditions de vie des orphelins, à l'exception du centre de Chimoio, comme l'indique le graphique 9. Les enfants qui se rendent dans le centre d'accueil de jour de Chimoio se sentent moins en sécurité dans leur environnement proche et chez eux, certains enfants faisant état de mauvais traitements de la part de leur famille d'accueil ou de leurs beaux-parents. C'est ainsi qu'une fille de 11 ans qui fréquente le centre de Chimoio a déclaré: «J'ai peur de mon beau-père quand il rentre saoul à la maison et qu'il me crie après parce qu'il ne veut pas de moi à la maison». L'exploitation et la maltraitance pourraient être réduites si ces familles d'accueil étaient mieux sensibilisées à leur tâche et si les centres qui accueillent les orphelins faisaient l'objet d'un suivi et d'une surveillance plus rigoureux.

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Figure 9. Conditions de vie et sentiment de sécurité des enfants dans les sept centres

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Les récits des enfants révèlent qu'ils n'ont pas accès à des biens essentiels comme l'eau, l'assainissement et un gîte adéquat, et qu'ils ont le sentiment de ne pas être en sécurité ni en sûreté. Ce que vivent et ressentent les enfants cadre bien avec les indicateurs de pauvreté de chaque district, les districts ruraux de Chinde, Chokwe et Chimoio ayant des incidences de pauvreté supérieures à celles de Beira, Nampula ou Catembe (graphique 10)5. Ainsi, 12 garçons qui fréquentent le centre de Chinde expliquent qu'ils dorment entassés dans une seule pièce, à même le sol, et il arrive qu'il n'y ait pas toujours de la place pour tous. Une veuve, mère de quatre enfants qui fréquentent le centre de Chokwe, vit dans une maison en briques de terre qui ne comporte qu'une seule pièce et dans laquelle les conditions de vie ne sont ni sûres ni acceptables. Là encore le récit du vécu de ces enfants ne fait que renforcer le constat selon lequel il existe des liens étroits entre la pauvreté, les carences dans les services essentiels, les soins de santé, les conditions de vie et l'augmentation des vulnérabilités dues au VIH/sida. A l'appui de ce constat, les enfants de Chimoio ont affirmé qu'ils n'avaient pas toujours suffisamment d'eau pour boire ou se laver, car leur famille n'avait pas assez d'argent pour se procurer de l'eau.

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Figure 10. La pauvreté et l'augmentation des vulnérabilités auxquelles sont exposés les orphelins dans les sept centres

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Types d'aide sociale

Les déclarations des enfants concernant leur vécu montrent que les processus qui contribuent à forger des réseaux sociaux et à promouvoir l'intégration sociale semblent plus présents à Catembe, Beira et Nampula qu'à Chimoio et à Chinde. Quoi qu'il en soit, un meilleur accompagnement social et une meilleure intégration ne se traduisent pas nécessairement par des améliorations de la santé psychologique des enfants.

Les enfants de Chimoio et de Chinde souffrent de troubles psychologiques et émotionnels, tout comme les enfants de Catembe qui reçoivent eux pourtant davantage de soutien social. Les sentiments de fracture sociale, d'isolement et de détresse psychologique qui surviennent à la suite de la perte d'un parent, voire des deux, semblent devoir affecter les enfants sur une longue période malgré l'existence de systèmes d'accompagnement social au sein des communautés. De tels dispositifs et réseaux d'aide n'atténuent pas les dégâts psychologiques et émotionnels que subissent les enfants qui deviennent orphelins. La résilience dont ils doivent faire preuve pour surmonter les traumatismes émotionnels et physiques qui interviennent dans une situation de pauvreté chronique et d'exposition à de nouveaux risques dus au VIH/sida nécessite bien davantage que de simples systèmes d'aide informels. C'est un domaine qui mérite d'être davantage exploré pour que les décideurs puissent déterminer le niveau de soutien psychologique et psychique qui pourrait être apporté par l'intermédiaire des structures d'accueil des orphelins et des écoles.

Rôle du gouvernement et niveau d'aide allouée aux centres

Presque tous les foyers d'accueil travaillent en étroite collaboration avec les organismes gouvernementaux avec lesquels ils sont en relation constante. De nombreux foyers reçoivent des avis de placement d'enfants de la part des autorités du district ou des hôpitaux publics. A l'exception d'un centre, tous ont fait l'objet d'une visite à un moment ou à un autre par des agents gouvernementaux. Ces visites ont pour objet de surveiller les activités des centres mais, selon les rapports, les visites seraient irrégulières. Deux centres ont déclaré avoir reçu une formation en développement des capacités tandis que trois seulement ont indiqué avoir reçu du matériel médical et autres fournitures. Cinq des sept centres ont fait passer un test de dépistage du VIH aux enfants et ont assuré qu'ils avaient bien administré un traitement antirétroviral à ceux qui en avaient besoin. Les enfants ont indiqué qu'ils avaient reçu des manuels scolaires à l'école et ont déclaré que certains centres et certaines écoles leur fournissaient parfois une aide supplémentaire à l'apprentissage ainsi que des matériels didactiques.

A Nampula, un centre financé par le gouvernement, les services sont dispensés plus régulièrement et les frais de fonctionnement couvrent les équipements de base et la prise en charge des enfants. Or cette aide financière et ces services professionnels ne sont pas accordés aux autres centres. Ceux-ci doivent se battre pour obtenir un financement et une aide afin de subvenir à leurs besoins et de pouvoir assurer leurs services. Comme le souligne le responsable d'un centre: «Le gouvernement est de plus en plus exigeant et réclame la mise en place d'infrastructures sans pour autant fournir le financement nécessaire». Parallèlement, de nombreuses autorités de district relevant du ministère de la Femme et de l'Action sociale expliquent ne pas disposer de moyens de transport pour effectuer les visites de suivi dans les centres. Elles indiquent avoir les mêmes difficultés pour rendre visite aux familles d'accueil. Les responsables gouvernementaux déclarent que le gouvernement ne dispose pas du financement nécessaire pour venir en aide aux foyers d'accueil. Parmi les sept centres, c'est le centre d'accueil de jour de Chimoio et le centre d'hébergement géré par la communauté de Chinde qui reçoivent le moins de financement. Ces deux centres sont situés dans des zones rurales et n'ont pas accès aux réseaux d'aide dont bénéficient les centres qui sont plus proches des zones urbaines. C'est tout particulièrement dans les zones rurales éloignées, comme à Chinde, que l'aide et le financement publics s’avèrent indispensables. Les disparités d'aide publique entre les villes et les campagnes rendent plus précaires encore les mesures de prise en charge des orphelins et ont des effets discriminatoires sur certains enfants. Compte tenu de la pauvreté endémique du pays et de la vulnérabilité des enfants face au VIH/sida, il devient urgent que le gouvernement apporte une aide sous forme d'un socle de protection sociale comprenant un train complet de mesures visant à garantir le bien-être physique, social, psychologique des enfants ainsi qu'un cadre de vie favorable.

Conclusions et recommandations

  1. Top of page
  2. Résumé
  3. Introduction
  4. Pauvreté, risques et vulnérabilités: les orphelins
  5. La situation des orphelins dans la SADC, et tout particulièrement au Mozambique
  6. Cadre conceptuel des programmes d'action en faveur des orphelins
  7. Mesures prises par les pouvoirs publics en faveur des orphelins au Mozambique et impact des interventions
  8. Conséquences du placement en établissement sur la vie des orphelins: résultats d'enquêtes réalisées dans des centres d'accueil sélectionnés
  9. Conclusions et recommandations
  10. Bibliographie

Les orphelins et les enfants vulnérables subissent de multiples formes de privation, ils sont exposés à toutes sortes de vulnérabilités, de risques et connaissent des situations extrêmement précaires. Ils n'ont pas de parents pour les épauler et ils se retrouvent souvent socialement isolés. Faute d'interventions sociales ciblées, ils restent vulnérables et confrontés à des risques graves du fait qu'ils n'ont pas la résilience nécessaire pour faire face à ces aléas. Leur épanouissement est compromis par une extrême pauvreté et par les bouleversements et épreuves qui jalonnent leur vie. Des mesures de protection sociale s’imposent afin de répondre à leurs besoins.

Au Mozambique, de gros efforts ont été déployés pour mettre en place le cadre juridique nécessaire. Or, l'analyse documentaire et l'étude sur le terrain montrent que les foyers ou familles d'accueil des orphelins sont encore très peu nombreux à bénéficier de l'aide publique et que de nombreuses structures institutionnelles ne font pas l'objet d'un suivi suffisant (MMAS, 2006). Le prochain défi que doit relever le Mozambique est la mise en place effective d'un cadre juridique. Un cadre d'action propice, une détermination sans faille du gouvernement et un personnel bien formé et motivé constituent des paramètres indispensables à une mise en place viable et à une transposition à une plus grande échelle (Kadiyala, 2004). Parallèlement, afin de garantir un suivi régulier des familles et des institutions et d'organiser des visites d'évaluation, il importe de renforcer les capacités des collectivités locales chargées de la protection sociale (UNICEF, 2009a). Il convient en priorité d'accorder de l'aide aux zones rurales et de veiller tout particulièrement à ce que l'aide nécessaire parvienne bien à ceux qui en ont le plus besoin.

Quant aux familles d'accueil, tout porte à croire que si ces familles ne sont pas suffisamment préparées pour recevoir des orphelins, cela peut être préjudiciable aux enfants, vraisemblablement davantage que s’ils étaient pris en charge dans des centres d'hébergement. Il importe que le gouvernement prenne de toute urgence des mesures pour sélectionner soigneusement les familles qui vont accueillir des orphelins et pour les préparer à cette tâche. Il peut le faire en adoptant des dispositifs efficaces de sélection et de suivi des familles d'accueil, en renforçant les capacités locales de sorte que les mesures de protection sociale parviennent bien à ceux qui en ont besoin et en dispensant des conseils dans le cadre de la communauté ou de l'école. Faute de telles mesures, les enfants sont exposés à l'exploitation et à la maltraitance dans les familles d'accueil.

Parallèlement, l'avenir de ces enfants suscite des préoccupations croissantes, notamment dans les pays de l'Afrique australe où le VIH/sida a des incidences désastreuses sur le développement du capital humain (Greenblott, 2008). Compte tenu de ce contexte, il convient de mettre davantage l'accent sur les programmes dispensés dans des centres de formation professionnelle et visant à inculquer aux enfants et aux jeunes des connaissances théoriques et pratiques leur permettant de participer à des activités économiques. Les retombées positives de ces programmes ne sont plus à prouver pour les enfants qui en bénéficient, comme c'est le cas à Catembe, Chimoio et Beira.

En règle générale, les études montrent que les enfants qui ont accès aux foyers d'accueil s’en sortent relativement mieux que les orphelins qui ne participent à aucun des programmes proposés, qui habitent avec des membres de leur famille et qui ne reçoivent aucune information ni soutien. Les enfants pouvant bénéficier de repas étaient en meilleure santé, ce qui montre bien la nécessité de renforcer à l'avenir les programmes alimentaires.

La recommandation (no 202) concernant les socles nationaux de protection sociale, 2012, adoptée par la Conférence internationale du Travail, tend à mettre en œuvre «des ensembles de garanties élémentaires de sécurité sociale définis à l'échelle nationale qui assurent une protection visant à prévenir ou à réduire la pauvreté, la vulnérabilité et l'exclusion sociale» (BIT, 2012). La recommandation pense également aux enfants en réclamant une sécurité élémentaire de revenu pour leur assurer «l'accès à l'alimentation, à l'éducation, aux soins et à tous autres biens et services nécessaires» (BIT, 2012).

Le Mozambique est déjà sur la bonne voie en termes de planification et de mise en application des politiques visant à aider les orphelins, comme on peut le constater par l'approbation du Règlement sur la sécurité sociale de base en 2009 et, plus tard, de la Stratégie nationale pour la sécurité sociale de base pour 2010-2014 (Mausse et Cunha, 2011). Or, le contexte socio-économique du Mozambique appelle des interventions sociales plus globales et systématiques susceptibles d'apporter des remèdes efficaces à la pauvreté chronique et à la vulnérabilité due au VIH/sida, à laquelle sont notamment exposés les orphelins. Le développement des centres d'accueil et des programmes existants, conjugué à la mise en œuvre de mesures globales de protection sociale visant à améliorer le niveau de vie des communautés, et notamment des familles d'accueil, serait la solution propre à améliorer l'aide aux orphelins. L'application de ces mesures d'ensemble de protection sociale nécessite également des moyens financiers et il importe que le gouvernement se montre déterminé à dégager une ligne budgétaire suffisante dans le budget national.

Si ces mesures d'ensemble de protection sociale ne sont pas appliquées, ces enfants vulnérables continueront d'être exposés à des risques, que ce soit dans leurs familles d'accueil qui n'ont pas la capacité financière ou sociale suffisante pour s’en occuper correctement ou dans les structures institutionnelles qui les prennent en charge avec les mécanismes de financement et de contrôle de qualité dont elles disposent, mais qui risquent de ne pas être viables à long terme.

Footnotes
  1. 1

    Depuis août 2011, la SADC comprend l'Afrique du Sud, l'Angola, le Botswana, la République démocratique du Congo, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, Maurice, le Mozambique, les Seychelles, le Swaziland, la République-Unie de Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe.

  2. 2
  3. 3

    L'Afrique du Sud a ainsi procédé à des transferts monétaires sous forme d'une allocation d'aide aux enfants, qui permet de prendre en charge les enfants vulnérables et qui témoigne d'un taux d'utilisation relativement élevé (Samson, van Niekerk et Mac Quene, 2006).

  4. 4

    Certains centres ont été visités lors de week-end ou de vacances scolaires et il se peut que certains enfants aient quitté le centre pour rendre visite à leur famille ou à des membres de leur communauté.

  5. 5

    Certains enfants, notamment les «doubles orphelins», n'ont pas d'autres points de référence que les centres dans lesquels ils vivent. Leur vécu ne reflète pas nécessairement des situations comparables.

Bibliographie

  1. Top of page
  2. Résumé
  3. Introduction
  4. Pauvreté, risques et vulnérabilités: les orphelins
  5. La situation des orphelins dans la SADC, et tout particulièrement au Mozambique
  6. Cadre conceptuel des programmes d'action en faveur des orphelins
  7. Mesures prises par les pouvoirs publics en faveur des orphelins au Mozambique et impact des interventions
  8. Conséquences du placement en établissement sur la vie des orphelins: résultats d'enquêtes réalisées dans des centres d'accueil sélectionnés
  9. Conclusions et recommandations
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