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RÉSUMÉ

Nous avons étudié la minéralogie et la composition chimique de cherts à Radiolaires (radiolarites) du Dogger-Malm, liés ou non à des affleurements de roches volcaniques. Les échantillons proviennent du Maroc (Rif), d'Italie (Bassin Lombard et Appenins), de Grèce (Zone du Pinde et Massif du Vourinos) et de Californie (Baie de San Francisco). A titre de comparaison, nous avons également étudié des cherts crétacés du Pacifique (Leg 32) et des boues à Diatomées miopliocènes de la Mer du Japon (Leg 31).

La silice des radiolarites est exprimée sous forme de quartz ou de calcédoine. Ces roches renferment en outre des feldspaths et, souvent, de l'hématite. La phase argileuse est constituté d'illite et/ou de chlorite, accompagnée fréquemment d'édifices gonflants et, très localement, de kaolinite. Dans les śediments océaniques le degre d'organisation de la silice est très variable (depuis l'opale jusqu'au quartz), les minéraux argileux sont à peu près identiques à ceux des radiolarites, les feldspaths sont également fréquents.

Du point de vue chimique, on peut distinguer, parmi les radiolarites: des faciès massifs, des pélites a Radiolaires et des radiolarites ferrugineuses. Celles-ci se rencontrent généralement à la base des séries associées à des formations volcaniques. Les cherts du Leg 32 et les boues à Diatomées de la Mer du Japon ont une composition très voisine de celle des radiolarites massives.

La minéralogie de ces formations peut ètre expliquée par plusieurs modèles: héritage, diagenèse de boues pélagiques, etc.… Le caractère détritique d'une partie des argiles semble certain.

L'origine de la silice est discutee: la position latitudinale de la Téthys au Jurassique, son caractère relativement confiné et d'eventuels apports volcaniques doivent être pris en consideration. Par contre, compte tenu de la composition chimique et minéralogique des radiolarites, la diagenèse des argiles n'est pas susceptible de fournir des quantités notables de silice. L'accumulation de boues à Diatomées dans la Mer du Japon et en d'autres lieux montre que ni l'éloignement des côtes ni de très grandes profondeurs ne sont indispensables au développement d'une sédimentation hypersiliceuse.

ABSTRACT

The mineralogical and chemical composition of Jurassic radiolarian cherts has been studied in Morocco (Rif), Italy (Lombardy basin and Apennines), Greece (Pindus zone and Vourinos Massif), some in close association with ophiolites. We have compared these samples with Cretaceous cherts from the NW Pacific (Leg 32) and with Cenozoic diatomaceous oozes from the Sea of Japan (Leg 31).

The silica in the radiolarian cherts is quartz or chalcedony. Most of these rocks also contain feldspars and hematite while the clay fraction is composed of illite and/or chlorite generally associated with swelling clays and, locally, with kaolinite. In oceanic sediments all mineralogical species of silica have been detected (from opal to quartz), the clays generally being the same as those of the radiolarian cherts, the feldspars also being present.

Based on the chemical composition of the radiolarian cherts, three facies can be distinguished: massive cherts, pelitic radiolarites and ferruginous radiolarites, the latter occurring only near the contact with volcanic basement. The chemical composition of cherts and diatom oozes from the Pacific is very close to the composition of radiolarian cherts.

Although the mineralogy of radiolarian cherts can be related to several models (detrital, diagenesis of pelagic clays etc.) the detrital origin of part of the clay fraction seems certain.

The origin of silica and its relation to the palaeolatitudes and the relatively confined nature of the Tethys oceans as well as the influence of volcanic inputs are evaluated, Chemical and mineralogical composition of radiolarian cherts shows that the diagenesis of the clay fraction is not a significant source of silica.

Accumulation of diatom oozes in the Sea of Japan and in other areas, shows that the distance from continents and very deep seas are not essential to the development of siliceous sedimentation.