Prévalence de la Linea Nigra chez des patients souffrant d’Hyperplasie Bénigne de la Prostate et de Cancer de la Prostate

Authors


AO George
Unité de dermatologie
service de médecine
Hôpital universitaire
Ibadan
Nigeria
E-mail: adekunlegeorge2003@gmail.com

Résumé

Contexte  La linea nigra (LN) est une hyperpigmentation linéaire qui apparaît entre l’ombilic et la symphyse pubienne. Normalement associée à la grossesse, où elle prend le nom de « linea gravidarum », elle a été aussi observée chez des femmes non enceintes et des hommes appartenant en particulier à des tranches d’âges plus jeunes, chez qui il a été suggéré que les œstrogènes ou l’absence de sensibilité des récepteurs aux androgènes constituait un facteur prédisposant. Une étude antérieure a montré que l’incidence de la LN était variable en fonction du sexe, de l’âge et de certains états cliniques tels que la grossesse chez la femme, et chez l’homme l’hypertrophie bénigne de la prostate et le cancer de la prostate.

Objectif  La nécessité de disposer d’une caractéristique clinique pouvant faciliter le diagnostic du cancer de la prostate, cancer masculin le plus fréquent au Nigeria, à un coût abordable, nous a incités à examiner l’incidence de la linea nigra dans 3 populations d’hommes adultes : des hommes atteints d’hyperplasie bénigne de la prostate (HBP), des hommes souffrant de cancer de la prostate (CP) et une population témoin non atteinte par ces deux pathologies. La gynécomastie et la distribution pileuse féminine, deux caractéristiques estimées être hormonodépendantes, ont étéévaluées par ailleurs dans la population étudiée. Cette étude a été menée dans un hôpital universitaire à Ibadan, dans le sud-ouest du Nigeria.

Résultats  Une LN a été observée chez 48% des CP, 26% des HBP et 8% des témoins. Une pilosité pubienne à distribution féminine a été observée chez 48% des CP, 26% des HBP et 12% des témoins – Une gynécomastie a été observée chez 36% des CP, 12% des HBP et 0% des témoins. Nous avons estimé que les différences entre patients atteints d’HBP, de CP et les témoins, pour ce qui est de l’incidence de la linea nigra et de la pilosité pubienne à distribution féminine pouvaient s’expliquer par le hasard (P = 0.17, test exact de Fisher). Nous avons estimé que les différences entre les patients atteints de CP et les patients atteints d’HBP, relativement à la gynécomastie, ne pouvaient pas s’expliquer par le hasard (P = 0.008, test exact de Fisher).

Conclusion  La linea nigra seule ne peut pas être utilisée pour différencier le cancer de la prostate et l’HPB. Des études supplémentaires devront être réalisées en vue de caractériser le rôle de la LN dans ces pathologies chez des hommes avant et après le traitement.

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