SEARCH

SEARCH BY CITATION

Une hypothèse avancée par Kanter (1977) veut que les femmes cadres des grandes entreprises feraient l'objet d'attitudes plus favorables si leur nombre augmentait jusqu'à atteindre la masse critique, soit 35% de l'effectif cadre. L'hypothèse a été en partie appuyée par une étude menée auprès de 354 cadres de la fonction publique du Canada, appelés à exprimer leurs opinions en fonction des proportions réellies (9% et 20%) ou hypothétiques (35% et 50%) des femmes cadres dans leur ministère. Indépendamment du nombre, les attitudes des femmes (N = 158) se sont avérées plus favorables que celles des hommes (N = 160). Cependant, l'évaluation du statut des femmes cadres, la perception de leur apport à la culture d'entreprise et les attributions sur leur compte en fonction des quatre pourcentages ne concordaient pas avec ces attitudes. Les différences de sexe et le manque de cohérence entre ces différentes mesures ont donné lieu à un examen plus approfondi de leurs relations les unes avec les autres, au moyen de l'analyse des structures de causalité. Effectuées séparément pour les deux sexes, les analyses ont révélé des agencements différents des variables pour les hommes et les femmes. Les attitudes de ces dernières sont directement liées aux attributions faites sur leur compte, celles de hommes à la force numérique. La discussion suggère que la force numérique représenterait une condition nécessaire mais non suffisante au changement des attitudes vis-à-vis des femmes cadres.

According to Kanter (1977), attitudes towards female managers will likely become more favourable as their numbers increase until a critical mass of 35% is reached. This hypothesis was partially supported by the results of a study conducted in Canada. The attitudes of 354 managers of the Federal public service were measured as a function of actual (9% and 20%) or fictitious (35% and 50%) proportions of female to male managers in their departments. The results indicated that attitudes towards female managers were more positive amongst women (N = 158) than amongst men (N = 160), regardless of the ratios. The respondents' evaluations of the female managers' status and of their contribution to the culture of the organization were not consistent with expressed attitudes nor were the attributions for their managerial behaviour. In order to assess the relations amongst these variables, the present study included them in a theoretical model that was tested using Path Analysis for each gender group. Results showed that attributions are directly related with women's attitudes, while ratios are related directly with those of men. These findings suggested that an increase in the ratio of female to male managers is a necessary but insufficient condition to change attitudes towards female managers.