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The logic of transnational capital and the ongoing European imperative of ‘competition’ have created unofficial economies, seemingly exceptional situations in which the state is left to grapple with the problem of essential but ‘illegal’ labour in spaces in which it is no longer unambiguously sovereign. This article discusses Romanian labourers working informally, and often temporarily, in an agricultural area characterized by intensive plastic greenhouse production in Almería province, Spain. Informal employment is arranged through personal contacts and connections, advertisements, or anonymously in the plaza, the public square. Wages are often negotiated through the person of a Romanian intermediary, who organizes workers into teams, contracts with Spanish growers, and retains a significant proportion of the total pay. It is argued here that although technically outside of state jurisdiction, some of this ‘illegal’ economic activity embodies normalized, unexceptional features of the ‘official’ labour market. These include the general reliability of obtaining work with predictable wages and some opportunity for occupational and economic mobility within the sector for a limited number of people, as well as work-related hierarchies, a racialized division of the area's labour force, and the reproduction of capitalist relations of production in the interests of prolonging the provision of flexible and cheap migrant labour with the complicity of the state.

Résumé

La logique du capital transnational et l'impératif européen de « concurrence » ont donné naissance à des économies non officielles, situations apparemment exceptionnelles dans lesquelles l'État doit résoudre le problème d'une main-d'œuvre indispensable mais « illégale » dans des espaces où il n'est plus entièrement souverain. L'auteur décrit ici le travail informel et souvent temporaire de Roumains dans une région agricole de la province d'Almería, en Espagne, caractérisée par une production intensive sous serres en plastique. Les embauches informelles s'organisent par contacts personnels et relations, par petites annonces, ou de façon anonyme sur les places de village. Les salaires sont souvent négociés par un intermédiaire roumain qui organise aussi les équipes d'ouvriers, sous-traite avec les cultivateurs espagnols et se réserve une part conséquente de la paie. Bien qu'elle échappe techniquement à la juridiction de l'État, une partie de cette activitééconomique « illégale » reprend des caractéristiques normalisées et ordinaires du marché du travail « officiel » : fiabilité d'un travail rémunéré de façon prévisible, possibilité de mobilité professionnelle et économique dans le secteur pour un nombre limité de personnes, hiérarchisation du travail, division racialisée de la main-d'œuvre dans la région, reproduction des relations capitalistes de production en vue de prolonger la fourniture de main-d'œuvre migrante flexible et bon marché, avec la complicité des pouvoirs publics.