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This article critically engages with recent theoretical writings on affect and non-human agency by way of studying the emotive energies discharged by properties and objects appropriated during war from members of the so-called ‘enemy’ community. The ethnographic material comes from long-term fieldwork in Northern Cyprus, focusing on how it feels to live with the objects and within the ruins left behind by the other, now displaced, community. I study Turkish-Cypriots’ relations to houses, land, and objects that they appropriated from the Greek-Cypriots during the war of 1974 and the subsequent partition of Cyprus. My ethnographic material leads me to reflect critically on the object-centred philosophy of Actor Network Theory and on the affective turn in the human sciences after the work of Gilles Deleuze. With the metaphor of ‘ruination’, I study what goes amiss in scholarly declarations of theoretical turns or shifts. Instead, proposing an anthropologically engaged theory of affect through an ethnographic reflection on spatial and material melancholia, I argue that ethnography, in its most productive moments, is trans-paradigmatic. Retaining what has been ruined as still needful of consideration, I suggest an approach which merges theories of affect and subjectivity as well as of language and materiality.

Résumé

L'article examine sous un angle critique les écrits théoriques récents sur l'affect et l'agency non humaine pour étudier les énergies émotives libérées par les biens et objets confisqués lors d'un conflit armé aux membres de la communauté dite «ennemie». Le matériel ethnographique provient d'un travail de terrain de longue durée dans le Nord de Chypre, qui portait sur le ressenti de ceux qui vivent avec ces objets, dans les ruines laissées par l'autre communauté désormais déplacée. L'auteure étudie les relations des Chypriotes turcs avec les maisons, les terres et les objets qu'ils se sont appropriés sur les Chypriotes grecs lors de la guerre de 1974 et de la partition de Chypre. Le matériel ethnographique la conduit à une réflexion critique sur la philosophie centrée sur les objets de la théorie de l'acteur-réseau et sur le tournant affectif des sciences humaines à la suite des travaux de Gilles Deleuze. Par la métaphore de la «ruine», l'auteur sonde ce qui ne va pas dans les proclamations académiques de tournants théoriques et de changements paradigmatiques. En lieu et place, elle propose une théorie de l'affect engagée dans l'anthropologie, par une réflexion ethnographique sur la mélancolie spatiale et matérielle, et affirme que l'ethnographie, dans ses moments les plus productifs, est trans-paradigmatique. En gardant ce qui est «ruiné» comme digne encore de considération, l'auteure suggère une approche qui concilie les théories de l'affect et de la subjectivité et du langage et de la matérialité.