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Size matters: history, marginality, and the politics of building big in a small community

Authors


Assistant Professor, Southeast Asian Studies Programme, National University of Singapore, Faculty of Arts and Social Sciences, AS3, Level 6, Singapore 117150, Singapore. seajic@nus.edu.sg

Abstract

I explore the way in which people living along the fringes of the nation-state assert a sense of cultural distinctiveness in a political environment marked by social and economic inequality. Since the 1970s, Thai Buddhists in the predominantly Malay and Muslim state of Kelantan, Malaysia, have been building large statues in their temple grounds. Through thinking about the history of these creations and the expansive political and economic encounters they forge, Kelantan's Thais reflect on their feelings of marginality. I demonstrate how statues and the trope of enormity that they encapsulate are important sources of cultural capital for a people at the extremities of national society. Statues centre marginality as an important component of cultural and ethnic identity. At the same time, these mammoth images of Chinese gods and Thai-styled Buddhas associate the community with local and global processes framed within a nuanced entanglement of past and present, religious and secular, political and banal. The associations I trace between materiality and marginality push theoretical arguments about marginalization a step further, pointing to a more reflexive, emergent understanding of marginality.

Résumé

L’auteur explore la manière dont les populations vivant à la marge de l’État-nation affichent leur sens de la différence culturelle dans un environnement politique marqué par les inégalités sociales et économiques. Depuis les années 1970, les Thaïs bouddhistes habitant dans l’état malais de Kelantan, dont la population est pour l’essentiel malaise et bouddhiste, édifient de grandes statues dans l’enceinte de leurs temples. En réfléchissant à l’histoire de ces créations et aux vastes rencontres politiques et économiques qu’elles suscitent, les Thaïs du Kelantan interrogent leur sentiment de marginalité. L’auteur montre comment les statues et la thématique de l’énormité qu’elles intègrent sont des sources importantes de capital culturel pour un peuple vivant aux franges de la société nationale. Les statues focalisent la marginalité comme un composant important de l’identité culturelle et ethnique. Dans le même temps, ces images colossales de dieux chinois et de Bouddhas de style thaï associent la communautéà des processus locaux et globaux inscrits dans une imbrication nuancée du passé et du présent, du religieux et du séculier, du politique et du banal. Les associations que trace l’auteur entre matérialité et marginalité font progresser les arguments théoriques relatifs à la marginalisation et mettent en lumière une compréhension émergente, plus réflexive, de la marginalité.

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