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Abstract

This article draws on ethnography and life history interviews conducted in a central Karachi neighbourhood with militants affiliated to Pakistan's student organization, the Islami Jamiat-i-Tuleba. It explores a complex configuration of national and city politics, local processes, family dynamics and individual biography in the trajectories of male youth to some violent jihadist scenes in Pakistan and Afghanistan (c.1986–2006), and raises questions concerning the way violence is collective (political, societal, local) as well as private, idiosyncratic and imagined. Violence in this context is not solely driven by deprivation, exclusion, Karachi's arms trade (burgeoning since the mid-1980s) or notions of Islamist ideology. Rather it derives from resourceful ways people use social networks to subvert their everyday difficulties in local communities, and relate to themselves and others in a field of social, psychological and political domains. The article also prioritizes affective and fantasy aspects of wholeness and love. It argues violence is destructive and (re)generative, enfolding militants' endeavours to impose certainty onto a fractured personal landscape by undermining conventional forms of security, while simultaneously highlighting the insecurity of this undermining. These anthropological readings are prioritized over conventional tropes of religion and ideology deriving from the overarching concepts of Islam, civil society and the state.

Résumé

Ce travail s’appuie sur un cadre ethnographique et sur des entretiens biographiques menés dans un quartier du centre de Karachi auprès de militants d’une organisation étudiante pakistanaise, Islami Jamiat-i-Tuleba. Il examine une configuration complexe – alliant politiques nationales et municipales, processus locaux, dynamiques familiales et histoires personnelles – qui a mené de jeunes hommes sur des théâtres djihadistes violents au Pakistan et en Afghanistan (1986 à 2006). Ce faisant, il étudie en quoi la violence est collective (politique, sociétale, locale), mais aussi personnelle, idiosyncratique et imaginée. Il n’y a pas que le dénuement, l’exclusion, le commerce d’armes (en plein essor à Karachi depuis le milieu des années 1980), ou des notions idéologiques islamistes qui provoquent la violence dans ce contexte. Elle naît plutôt de l’usage ingénieux des réseaux sociaux par les habitants pour surmonter leurs difficultés quotidiennes dans les communautés locales et pour créer des liens entre eux ou avec d’autres dans des domaines de nature sociale, psychologique et politique. L’article met en avant les dimensions affectives et imaginaires de la complétude et de l’amour. La violence est une force destructrice et (ré)génératrice qui englobe les démarches des militants visant à dégager une certitude d’un panorama individuel brisé en attaquant les formes de sécurité conventionnelles, l’analyse montrant aussi l’insécurité que représentent ces attaques. Ces lectures anthropologiques sont privilégiées aux tropes traditionnels de la religion et de l’idéologie issus des concepts dominants que sont l’Islam, la société civile et l’État.