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ABSTRACT

Human smuggling has recently become an important issue in the migration policy debate almost worldwide. Despite suggestions about how to handle this phenomenon ranging from common border policies to an augmentation of legal migration channels, surprisingly little is known about the mechanisms of human smuggling, particularly its organizational principles.

This paper aims to give both overview and insight into the organizational principles of human smuggling processes. The empirical results are based upon two different kinds of material, expert interviews, and - almost exclusively in this field - copies of 51 complete court proceedings from all over Germany. They consist, apart from police reports and judgments of the courts, of interrogations of smugglers and smuggled persons as well as smugglers' telephone conversations, which were transcribed and translated. All in all, these cases provide information on several hundred human smugglers and approximately 20,000 persons being smuggled. For each case, the essentials were checked, including the socio-economic characteristics of the smugglers and those being smuggled, which consisted of age, gender, origin, education, and social status. With regard to the smuggling process, the details examined included who commissioned the smuggling, which places were used as stages on the journey, which means of transport were employed, whether forged documents or documents obtained by artifice played a role, the method of payment, the fees paid, the influence of the ethnic group, and whether the smugglers had connections to other criminal fields. The combination of these elements then led toward a typology of human smuggling processes.

Three main types of human smuggling processes have been worked out: the first is “individual smuggling with a high degree of self-responsibility”, and although in expert interviews this form of smuggling without pre-organized stages was supposed to be anachronical, in fact it still exists; the second is “covered” smuggling based upon obtaining visa by artifice; the third is “pre-organized stage-to-stage smuggling”, which was divided into three subtypes mainly influenced by the origin of both the smugglers (“stage coordinators”) and the smuggled migrants.

Overall, it can be said that in the absolute majority of the cases there is nobody in control of the whole smuggling process like a leader of a criminal organization. For functional reasons, it would also be inefficient for a huge organization to be responsible for a process that comprises distances of several thousand kilometres. Thus, members of an almost entirely mono-ethnic network function as “stage coordinators” while the smuggling actions themselves are outsourced to local smuggling groups. Such a close network of relatively few stage coordinators hardly ever meeting each other is only conceivable under the pre-condition of existing modern communication systems. The coordination level of human smuggling processes, therefore, seems to be an entire part of the migration network. On the other hand, the actions of the local smugglers on the performing level are completely guided by market conditions.

Ces derniers temps, le trafic d'êtres humains est devenu l'une des principales questions du débat sur les politiques migratoires presque partout dans le monde. Malgré les suggestions émises sur la façon d'affronter ce phénomène, qui vont de politiques frontalières communes à l'augmentation des filières de migration légales, notre connaissance des mécanismes de ce trafic reste étonnamment limitée, notamment pour ce qui est des principes de son organisation.

Cet article vise à apporter une vue d'ensemble ainsi qu'une meilleure compréhension desdits principes. Les résultats ont été obtenus empiriquement sur la base de deux sources d'informations: des entretiens avec des experts, et les copies intégrales de 51 comptes rendus de procès portant presque exclusivement sur ce domaine et provenant de toutes les régions d'Allemagne. Ceux-ci comprennent, outre les rapports de police et les jugements rendus par les tribunaux, les interrogatoires de passeurs et de migrants clandestins ainsi que les conversations téléphoniques de passeurs transcrites et traduites. En tout, ces documents fournissent des informations sur plusieurs centaines de passeurs et sur près de 20 000 personnes transférées clandestinement. Pour chacune de ces affaires, les éléments essentiels ont été vérifiés, y compris les caractéristiques socioéconomiques des passeurs et des migrants clandestins, à savoir l'âge, le sexe, l'origine, le niveau d'études et le statut social. En ce qui concerne le processus de transfert clandestin en lui-même, les éléments étudiés comprenaient le commanditaire du transfert, les endroits ayant servi d'étape au cours du voyage, les moyens de transport utilisés, le rôle qu'avaient pu jouer de faux papiers ou des papiers obtenus frauduleusement, les méthodes de paiement, les prix payés, l'influence du groupe ethnique, et si les passeurs étaient liés à d'autres activités criminelles. La combinaison de ces éléments a ensuite permis d'établir une typologie des processus du trafic d'êtres humains.

Ces processus se divisent en trois grandes catégories : premièrement, [LEFTWARDS DOUBLE ARROW]le passage clandestin individuel qui implique un haut degré de responsabilité personnelle [RIGHTWARDS DOUBLE ARROW] et qui existe encore de nos jours, bien que dans les entretiens menés avec des experts cette forme de passage clandestin sans étapes organisées au préalable ait été jugée anachronique; deuxièmement, le passage clandestin [LEFTWARDS DOUBLE ARROW]sous couverture [RIGHTWARDS DOUBLE ARROW] reposant sur l'obtention frauduleuse d'un visa; troisièmement, le [LEFTWARDS DOUBLE ARROW]passage clandestin étape par étape organisé au préalable [RIGHTWARDS DOUBLE ARROW], qui a été divisé en trois sous-catégories principalement en fonction de l'origine des passeurs ([LEFTWARDS DOUBLE ARROW]coordinateurs d'étapes [RIGHTWARDS DOUBLE ARROW]) et de celle des migrants clandestins.

Globalement, on peut dire que dans la grande majorité des cas, le processus de transfert clandestin n'est pas dirigé de bout en bout par une seule personne, telle que le chef d'une organisation criminelle. D'un point de vue pratique, il ne serait non plus pas efficace pour une grande organisation de diriger un processus qui s'étend sur plusieurs milliers de kilomètres. Ce sont donc les membres d'un réseau quasi monoethnique qui servent de [LEFTWARDS DOUBLE ARROW]coordinateurs d'étapes [RIGHTWARDS DOUBLE ARROW], tandis que les activités de passage clandestin en elles-mêmes sont déléguées à des groupes de passeurs locaux. Un réseau aussi compact, composé de relativement peu de coordinateurs d'étapes qui ne se rencontrent pratiquement jamais, n'est possible que grâce aux systèmes de communications modernes. Ce niveau —celui de la coordination des étapes du trafic de migrants — semble donc bien constituer un élément à part entière du réseau de migration. D'un autre côté, au niveau de l'exécution, les activités des passeurs locaux sont entièrement dictées par les conditions du marché.

El tráfico ilícito de personas ha pasado a ser, recientemente, una importante cuestión en los debates sobre la política migratoria en casi todo el mundo. Pese a que las sugerencias sobre cómo abordar este fenómeno varían desde las políticas de fronteras comunes hasta un aumento de los canales de migración legales, es sorprendentemente poco lo que se conoce sobre los mecanismos del tráfico ilícito de personas, particularmente sobre sus principios de organización.

El presente documento intenta dar una visión general y un conocimiento más profundo de los principios de organización de los procesos del tráfico ilícito de personas. Los resultados empíricos se basan en dos tipos distintos de material, entrevistas con expertos y — casi exclusivamente en esta esfera — ejemplares de 51 procesos judiciales completos instituidos en toda Alemania. Aparte de los informes policiales y dictámenes judiciales, se basan en interrogatorios a los que se sometió a los traficantes y las personas objeto de tráfico ilícito, así como en las conversaciones telefónicas de los traficantes, que fueron transcritas y traducidas. En general, estos casos proporcionan información sobre varios cientos de traficantes de personas y alrededor de 20.000 personas objeto de dicho tráfico. En cada caso se verificaron los datos básicos, incluidas las características socioeconómicas de los traficantes y de las personas objeto de tráfico ilícito, es decir, la edad, el sexo, el origen, la educación y la condición social. Con respecto al proceso de tráfico ilícito, los detalles examinados incluyeron quiénes organizaron la operación, qué lugares se utilizaron como etapas del viaje, qué medios de transporte se emplearon, si se utilizaron documentos falsificados o documentos obtenidos por medios fraudulentos, el método de pago, la cuantía del pago, la influencia del grupo étnico, y si los traficantes tenían conexiones con otras esferas delictivas. La combinación de esos elementos dio como resultado una tipología de los procesos del tráfico ilícito de personas.

Se han identificado tres tipos principales de procesos de tráfico ilícito de personas: el primero es “el tráfico ilícito individual con un alto grado de responsabilidad personal”, y aunque en las entrevistas con los expertos se suponía que esta forma de tráfico ilícito sin etapas previamente organizadas era anacrónica, en realidad todavía existe; el segundo tipo es el tráfico ilícito “encubierto”, basado en la obtención de visados por medios fraudulentos; el tercero es “el tráfico ilícito previamente organizado, etapa por etapa”, que se divide en tres subtipos principalmente influenciados tanto por el origen de los traficantes (“coordinadores de escena”) como de los migrantes objeto de dicho tráfico.

En términos generales puede decirse que en la mayoría absoluta de los casos no hay nadie en control de todo el proceso de tráfico ilícito, a modo de dirigente de una organización delictiva. Por razones funcionales, tampoco resultaría eficaz que una enorme organización se hiciera responsable de un proceso que comprende distancias de varios miles de kilómetros. En consecuencia, los miembros de una red casi totalmente monoétnica funcionan como “coordinadores de escena”, mientras que las acciones de tráfico propiamente dichas se contratan con grupos de traficantes locales. Esa estrecha red de relativamente pocos coordinadores de escena, que casi nunca se reúnen, sólo es concebible en con-diciones de existencia de sistemas de comunicación modernos. El nivel de coordinación de los procesos de tráfico ilícito de personas, por lo tanto, parece ser íntegramente parte de la red migratoria. Por otro lado, las acciones de los traficantes locales en el plano de las operaciones son completamente orientadas por las condiciones del mercado.