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Keywords:

  • forestry;
  • labour;
  • work;
  • employment;
  • gender;
  • identity
  • foresterie;
  • main-d’œuvre;
  • travail;
  • emploi;
  • genre;
  • identité

This article explores how women forest workers’ perceptions of restructuring are related to their work identities. Drawing on semi-structured interviews with 29 women working in subsidiaries of a multinational forest company in northern Saskatchewan, I describe how women workers selectively drew on traditional mill worker and flexible worker identities to legitimize and delegitimize restructuring. Women's understandings of themselves as workers were shaped by their paradoxical relationships to standard forest processing work. Some women with previous experience working in low-waged service industries adopted worker subjectivities that legitimized restructuring and valued flexibility, individual empowerment, and mobility. Other women delegitimized restructuring, referencing traditional characterizations of forest work that valued community stability, collective resistance, and security. Many women, however, neither consistently legitimized nor delegitimized restructuring throughout their interviews. This last group's ambiguous portrayal of work and restructuring demonstrates the identity dilemmas faced by new entrants to declining industrial sectors. Restructuring interrupted women's narratives of having found a “good job” in forestry and prompted the renegotiation of their understandings of mill work. This article contributes to our understanding of restructuring in resource industries by drawing attention to how worker identities, gender, and industrial change are interrelated.

La restructuration dans le secteur forestier et la redéfinition des identités féminines au travail

Le but de cet article est d’étudier les liens qui existent entre les perceptions des travailleuses de l’industrie de la forêt sur la restructuration et entre les identités au travail. Réalisée sur la base d’entretiens semi-directifs menés auprès de 29 femmes qui travaillent dans des filiales d’une entreprise multinationale du secteur forestier dans le Nord de la Saskatchewan, l’étude montre de quelle manière les travailleuses invoquent les identités des ouvriers des usines traditionnelles et celles d’ouvriers polyvalents pour justifier ou non la restructuration. L’idée que les femmes se font d’elles-mêmes en tant qu’ouvrières est déterminée par la relation paradoxale qu’elles entretiennent avec le métier typique de la transformation des produits forestiers. Certaines femmes ayant déjà occupé un emploi à faible revenu dans le secteur tertiaire ont construit des subjectivités ouvrières afin de justifier la restructuration et mettre en valeur la polyvalence, l’émancipation individuelle et la mobilité. À l’opposé, celles pour qui la restructuration n’était pas justifiée ont dépeint un tableau classique du travail forestier qui valorise plutôt la stabilité communautaire, la résistance collective et la sécurité. Au cours des entretiens, un grand nombre de femmes n’ont cependant pas été en mesure de justifier ou non la restructuration. Les témoignages de ces femmes font état du caractère ambigu du travail et de la restructuration qui constituent une preuve du dilemme identitaire que l’arrivée sur le marché du travail dans des secteurs en déclin peut poser. La restructuration a eu comme conséquence de suspendre les récits sur lesquels s’appuyaient les femmes pour parler du « bon boulot » qu’elles avaient obtenu dans l’industrie de la forêt, ce qui a remis en cause leurs connaissances sur le travail dans les usines. Cet article apporte un éclairage nouveau sur la restructuration qui s’opère dans le secteur des ressources en précisant en quoi les identités des travailleurs, le genre et les mutations industrielles sont étroitement liés.