Esquisses géographiques des récits cinématographiques Canadiens contemporains

Authors


Sébastien Caquard, Département de géographie, urbanisme et environnement, Université Concordia, 1455 de Maisonneuve W., H 1255-26, Montréal, H3G 1M8. Email/Courriel: scaquard@alcor.concordia.ca

Abstract

Les films sont porteurs d’un discours géographique original. Au-delà de la vision d’un auteur, ils reflètent souvent le regard qu’une société pose sur les territoires. L’objectif de ce projet de recherche est d’étudier le discours géographique développé par le cinéma canadien à travers une analyse des lieux qui structurent ses récits. Cette analyse est basée sur l’étude systématisée d’une sélection de 46 films canadiens contemporains. Ces films ont été transformés en une base de données géographique de plus de 2200 lieux à l’aide d’une grille de lecture originale. L’analyse de ces lieux a permis de définir des espaces sous représentés et sur représentés par les films canadiens, ainsi que de circonscrire des espaces de consensus et de divergence pouvant exister entre différentes catégories de cinémas canadiens que sont le cinéma anglophone, québécois et hybride. Parmi les résultats intéressants, on peut noter un manque d’intérêt généralisé pour l’hémisphère sud—et notamment pour l’Amérique Latine—ainsi que pour les espaces nordiques (en dehors du cinéma des premières nations). On remarque aussi une absence quasi-totale de Vancouver à l’écran, alors que Toronto et les États-Unis apparaissent régulièrement. Mais le résultat le plus marquant concerne probablement la différence fondamentale de traitement dont fait l’objet le Québec et plus particulièrement Montréal. Montréal est en effet un espace de divergence par excellence : d’hyper-utilisée dans les films québécois, la ville apparait totalement ignorée par le reste de la production cinématographique canadienne. Cette opposition extrêmement tranchée illustre l’importance que revêt le centre ville de Montréal comme espace symbolique de l’identité nationale québécoise.

Abstract

Geographic sketches of contemporary Canadian cinematographic narratives

Films carry an original geographic discourse. Beyond the vision of an author, they often reflect a society's perspective on territories. The goal of this research is to study the geographic discourse developed by Canadian cinema through an analysis of the places structuring Canadian cinematographic narratives. This analysis is based on the systematic study of a selection of 46 contemporary Canadian films. These films have been transformed into a database of 2200 places using an original geographic reading grid. Analysis of these places identifies the existence of territories under- and over-represented by Canadian cinema, as well as territories of consensus and divergence that exist between different categories of Canadian cinema such as Quebecois, anglophone, and hybrid. Some interesting results include the general lack of interest in the southern hemisphere—notably Latin America—as well as in the Nordic territories (outside of First Nations cinema). It is also interesting to note the quasi-absence of Vancouver on the screen, while Toronto and the United States appear recurrently. But the most striking result is probably the profound divergence in the way Canadian cinema treats the province of Quebec in general, and the city of Montreal in particular. Montreal is indeed the perfect example of a space of divergence: the city is heavily represented in Quebecois films, but completely ignored in the rest of Canadian cinematographic production. This deep opposition illustrates the importance of downtown Montreal as a symbolic space of Quebec national identity.

Ancillary