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Protection sociale et prévention sanitaire dans les pays en développement: apprécier l'impact des pensions et de l'assurance-maladie sur la santé

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  • Les données utilisées pour les besoins de cet article sont issues de l'étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le vieillissement et la santé de l'adulte dans le monde (Study on global AGEing and adult health, SAGE), financée par les bourses OGHA 04034785, YA1323-08-CN-0020 et Y1-AG-1005-0 (R01-AG034479). Nous adressons nos remerciements aux principaux enquêteurs de terrain: P. Arokiasamy (Inde), R. Biritwum (Ghana), Wu Fan (République populaire de Chine), R. Lopez Riadura (Mexique), T. Maximova (Fédération de Russie) et N. Phaswanamafuya (Afrique du Sud). Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que ses auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue ou la position de l'OMS.

Adresses pour correspondance: Peter Lloyd-Sherlock, School of International Development, Université d'East Anglia, Norwich, NR4 7TJ, Royaume-Uni; courriel: p.lloydsherlock@googlemail.com. Nadia Minicuci, National Council Research, Institut de neurosciences, via Giustiniani 2, 35128 Padoue, Italie; courriel: nadia.minicuci@unipd.it. John Beard, directeur, Département vieillissement et qualité de vie, Organisation mondiale de la santé, avenue Appia 20, 1211 Genève 27, Suisse; courriel: beardj@who.int. Somnath Chatterji, Systèmes de mesure et d'information sanitaire, Organisation mondiale de la santé, avenue Appia 20, 1211 Genève 27, Suisse; courriel: chatterjis@who.int.

Résumé

Dans cet article, nous évaluons dans quelle mesure le versement de pensions et l'assurance-maladie permettent de prévenir les problèmes de santé au sein de la population âgée des pays en développement. Nous avançons que, jusqu'à une période récente, les grandes orientations définies en matière de protection sociale n'accordaient pas suffisamment de place à la prévention des risques pour la santé, donnant la priorité à la réduction de la pauvreté monétaire au moyen de transferts monétaires. Nous montrons que les responsables de l'action publique ne doivent pas partir du principe que l'octroi d'une pension de retraite se traduit systématiquement par une amélioration de l'état de santé des personnes âgées parce que peu de données valident ce postulat. Nous examinons ensuite les effets de l'extension des régimes d'assurance maladie aux personnes âgées sur leur santé, en nous intéressant plus particulièrement à l'hypertension. Nous indiquons, en nous appuyant sur de nouvelles données relatives au Ghana, au Mexique et à l'Afrique du Sud recueillies par l’Organisation mondiale de la santé, que les personnes âgées couvertes par une assurance-maladie n'ont guère plus de chances que leurs homologues non assurées d'être conscientes de souffrir d'une affection comme l'hypertension et de bénéficier d'un traitement efficace. Néanmoins, qu'elle soit ou non couverte par une assurance-maladie, la grande majorité de la population âgée atteinte d'hypertension ne bénéficie pas d'un traitement efficace. Ces difficultés d'accès aux soins sont davantage liées au fait que les personnes âgées n'ont pas conscience de leurs problèmes de santé et à des carences au niveau de l'offre de soins plutôt qu'à des obstacles financiers. Par conséquent, dans les pays en développement, notamment dans les zones rurales, les régimes de retraite ou d'assurance-maladie ne peuvent induire une amélioration de l'état de santé des personnes âgées que s’ils s’accompagnent de programmes d'éducation pour la santé et de dépistage, et si l'offre de soins est adaptée. De surcroît, ces mesures doivent faire partie intégrante des stratégies de protection sociale classiques et non être conçues comme complémentaires de ces stratégies. Or, dans la pratique, la protection sociale et la promotion de la santé sont encore considérées comme des sphères presque entièrement distinctes l'une de l'autre, si bien que la mise au point de mesures globales se heurte à d'importantes barrières institutionnelles.

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