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Le rencensement canadien de 1871 comprenait des données permettant de mesurer les variations qui existaient entre les groupes ethniques quant au marage et à la fécondité. Ces variations expliquent en grande partie les différences observées entre les provinces en ce qui a trait à la moyenne d'âge au mariage, à la féconditè maritale, et au taux de natalité en 1871. L'appartenance à un groupe ethnique exerçait une influence extrêmement forte sur la nuptialité et la fécondité. Cette influence s'exercait à la fois directement, et indirectement selon le droit coutumier propre à chaque groupe ethnique concernant la distribution des terres. Les coutumes relatives au droit de succession et au partage des terres engendraient des inégalités dans la répartition des terres, ce qui augmentait ou diminuait la possibilité de taux élevés de nuptialité et de fécondité. Cependant la nuptialitéétait moins influencée par la répartition des terres que ne l'était la fécondité Ceci implique que les coutumes propres aux groupes ethniques concernant la nuptialité ont continuéà exercer directement une influence prédominante sur le taux des mariages.

On conclut qu'on peut expliquer de façon satisfaisante les variations régionales et provinciales dans la nuptialité et la fécondité par les variations dans la composition ethnique de la population, et en second lieu peut-être par les modèles historiques de peuplement, Les pratiques relatives à la procreation propres à chaque groupe ethnique faisaient partie de l'héritage culturel que les immigrants ont apporté au Canada. Celles-ci ne furent pas tellement modifiés dans le contexte canadien. Le maintien de ces pratiques reflétait et perpétuait le caractère distinctif de chaque groupe ethnique au sein de la société canadienne, et peut avoir affecté le développement de la mosaïque verticale du Canada.

The Canadian census of 1871 provided data for the estimation of ethnic variations in marriage and fertility. These variations largely account for the observed provincial variations in mean age at marriage, marital fertility, and birth rate, in 1871. Ethnic identity exercised an extremely strong influence on nuptiality and fertility, both directly and indirectly through the impact of ethnic custom on land distribution. Customs of inheritance and land partibility affected land inequality and mean size of landholdings, which in turn increased or decreased the feasibility of high levels of nuptiality and fertility. However, nuptiality was less influenced by land distribution than was fertility, implying that ethnic customs of nuptiality continued to predominate in the direct determination of marriage levels.

It is concluded that regional and provincial variations in nuptiality and fertility can be satisfactorily accounted for by variations in ethnic composition and, perhaps secondarily, by historical patterns of land settlement. Ethnic reproductive practices were part of the cultural heritage brought to Canada by its immigrants, and they continued largely unaffected by the changed environment. Their continuity signified and maintained ethnic distinctiveness in Canadian society, but may also have had implications for the development of the Canadian “vertical mosaic.”