Exogamie et anglicisation chez les minorités canadiennes-françaises

Authors


  • *Une version préliminaire de cette étude a été présentée aux rencontres annuelles de la Northeastern Anthropological Association et de la American Ethnological Society tenues à l'Université Laval, Québec, du 17 au 19 mars 1978. La recherche a été financée par des subventions de l'Université d'Ottawa et du Centre international de recherche sur le bilinguisme de l'Université Laval.

Abstract

Relying on data derived from the 1971 census, the causal relations between linguistic exogamy and assimilation among the nine provincial minorities of French mother tongue are investigated. Rates of anglicization, matrimonial cohabitation, exogamy, and precocious anglicization are first defined, then calculated for different age groups. Anglicization rates for francophone spouses in linguistically homogeneous and heterogeneous marriages are also established for each province. It is observed that among those minorities which best resist anglicization, mixed marriages indeed appear to be the principal factor initiating transfer to English as the home language. Among the less resistant minorities, however, this causal relation is less evident, if not outright reversed, with exogamy appearing instead to accompany, or even to follow from a number of other anglicizing factors which lead the minorities towards a type of language transfer which is rather more evolutionary in nature than catastrophic. Finally, our analysis clearly indicates an even higher rate of anglicization to come for each of the nine minorities in 1981 and 1991.

A l'aide des données du recensement de 1971, nous examinons les relations causales reliant exogamie et assimilation linguistiques chez les neuf minorités provinciales de langue maternelle française. Nous définissons d'abord, puis calculons pour différent groupes d'âge, des taux d'anglicisation, de cohabitation matrimoniale, d'exogamie et d'anglicisation précoce. Nous établissons ensuite pour chaque province le taux d'anglicisation des conjoints francophones au sein des manages linguistiquement homogènes et héterogGnes. Chez les minorités les plus résistantes à l'anglicisation, le manage mixte fait effectivement figure d'initiateur primordial du transfert à 1'anglais comme langue du foyer. Chez les minorités moins résistantes, par contre, ce rôle causal s'estompe, sinon se renverse: l'exogamie y paraît plutôt faire partie ou même décoder d'un faisceau de facteurs anglicisants qui emportent les minoritaires dans un mouvement de transfert de type davantage évolutif que catastrophique. Notre analyse laisse clairement prévoir, enfin, une anglicisation accrue de chacune des neufs minorités en 1981 et en 1991.

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