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This is the second paper of a trilogy, in which I investigate the development of anthropological definitions of kinship, marriage and the family, assess their limitations for the comparative study of social organization, and suggest an alternative. The analysis is predicated on the assumption that these definitions are derived from an underlying representation of groups and society, and that they will fail to be ‘universal’ as long as we do not define groups as phenomena sui generis.

In a first paper (Verdon, 1980a), I studied the manner in which the evolutionists, studying groups through their ideological reflections, rooted kinship, marriage and the family in biology, and also asserted the historical and logical priority of ‘group ties’ over ‘individual ties.’ Malinowski rescued groups from ‘nature,’ only to reduce them in turn to interaction and the sentiments it generates, positing in the process the ontological and analytical primacy of ‘individual ties’ over ‘group ties’ in the analysis of ‘primitive’ society. Against this background (and studied in this paper), Rivers, Radcliffe-Brown and Fortes (1) argued that groups transcended both biology and psychology because of their ‘social’ dimension, and (2) tried to reconcile the two levels of corporate groups (group ties) and interpersonal relationships (individual ties). Despite their remarkable efforts, however, I argue that they fell short of achieving both. With Lévi-Strauss and Schneider, finally, groups are further removed from ‘society’ itself as social relations come to be perceived as ‘symbolic’ or ‘cultural’. The process of ‘idealization’ is therefore complete, from ‘practical reason’ (with the evolutionists) to ‘cultural transcendentalism’ (with the structuralists), and our conceptual tools (such as kinship, marriage and the family) are increasingly less ‘universal’ in their applicability. If the comparative study of social organization is to become more rigorous and systematic, it may have to call for an ‘operational’ solution.

Cet article s'insère dans le cadre d'une trilogie, dans laquelle j'ai cherchéà dessiner l'évolution des définitions anthropologiques de la parenté, du mariage et de la famille, àévaluer leur potentiel analytique, et à suggérer une alternative. Pour ce faire, j'ai dû postuler que ces définitions sont dérivées d'une conceptualisation sousjacente de ce que sont groupes et société, et qu'elles ne seront ‘universelles’ que lorsque nous saurons dèfinir les groupes en tant que phénomènes sui generis.

Dans un premier essai (Verdon, 1980a), j'ai étudiC la manière dont les évolutionistes, en étudiant les groupes à travers leurs reflets idéologiques, ont inscnt la parenté, le mariage et la famille dans le donné biologique, et ont aussi affirmé la priorité historique et logique des ‘liens de groupes’ (ou liens ‘tribaux’) sur les ‘liens individuels.’ Malinowski a réussi à arracher les groupes de ce substrat biologique, mais seulement pour les réduire à son tour au statut d'épiphénomène du comportement (donc de la psychologie), tout en postulant le primat ontologique et analytique des ‘liens individuels’ sur les ‘liens de groupes’ dans l'analyse des sociétés dites ‘primitives.’ Dans cette perspective (et formant le sujet de cet article), Rivers, Radcliffe-Brown et Fortes (1) ont Ctabli que les groupes transcendent à la fois biologie et psychologie par leur caractère ‘social’, et (2) ont essayé de reconcilier analytiquement le niveau des ‘groupes corporatifs’ (les liens tribaux d'antan) avec celui des rapports interpersonnels (les liens individuels). Malgré leurs efforts remarquables, je crois qu'ils n'ont pas tout-à-fait réussi dans leur double entreprise. Au terme de cette histoire, Uvi-Strauss et Schneider ont finalement coupé les groupes de leur support social, en considérant les rapports sociaux en tant que ‘symboliques’ ou ‘culturels’ et, ce faisant, ont achevé un processus d'idéalisation de nos concepts, de ce que Sahlins a appelé la ‘raison pratique’ (et qu'on retrouve chez les évolutionistes) à ce que j'appellerais du

Rev. canad. SOC. & AnthJCanad. Rev. Soc. & Anth. 17(4) 1980 ‘transcendantalisme culturel’ (chez les structuralistes). Ceci a eu pour résultat de diminuer l'universalité de nos concepts et, si l'on tient encore à rendre l'étude comparative de l'organisation sociale plus rigoureuse et systématique, à rendre de plus en plus urgent le recours possible à une solution ‘opérationnelle.’