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La plupart des sociologues qui ont étudié L'inflation des années de L'après-guerre ont tenté de L'expliquer par la ‘poussée des salaires, causée par le militantisme du mouvement ouvrier. Pourtant, les données en la matière souffrent d'une ambiguité qui est souvent ignorée. Je présente dans cet article une réévaluation de la question, et je propose une analyse de la relation entre salaires et inflation au Québec - une province où certains ont cru voir un mouvement ouvrier particulièrement militant. La thèse de la ‘poussée des salaires' et les données québécoises sont incompatibles. Ces données suggèrent au contraire que les salaires ont eu tendance à suivre, plutôt que précécler, la montée des prix; et que le militantisme des travailleurs/euses a été une conséquence, plutôt qu'une cause, de L'inflation.

Most sociologists who have tried to explain the postwar inflation have done so in terms of the effects of wage-push’ rooted in the militancy of the labour movement. The evidence to support this is, however, much more mixed than their treatment would suggest. In this paper I review and criticize the available evidence and assemble and analyse data on leads and lags between wages and inflation in Quebec, a province sometimes thought to have a particularly militant labour movement. The Quebec data are not consistent with the wage-push account. They suggest that wages have tended to lag rather than lead price rises and that worker militancy has been more a consequence than a cause of inflation.