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Comment et pourqui la dynamique des classes varie-t-elle d'un pays capitaliste démocratique à l'autre, alors que I'on s'attendrait à découvrir un scénario commun? On ne trouve que peu d'évaluations d'ensemble de cette question qui soient d'inspiration marxiste. Ce manque a pour effet d'invalider diverses conceptions marxistes de l'organisation de classe et de la lutte de classe, en leur donnant souvent une allure exagérément mécaniste. Les approches utilisées jusqu'à maintenant pour étudier la variabilité nationale de ces processus souffrent de graves handicaps, dont le caractère a-historique de modèles trans-nationaux quantitatifs et l'incapacitéà généraliser qui accompagne les analyses historiques comparatives traditionnelles d'un petit nombre d'Etat-nations. A partir d'un point-de-vue marxiste ‘genéral’ sur l'établissement des taux de croissance de la syndicalisation et des salaires, nous estimons un ensemble de séries chronologiques pour 18 démocracies capitalistes avancées et stables; ces modèles reflètent bien l'histoire entre 1959 et 1980 de certains de ces pays, mais pas celle de certains autres. Nous suggérons alors que ces relations historiques infra-nationales sont elles-mêmes fonction d'autres differences trans-nationales, temporellement invariantes, qui différencient les pays capitalistes les uns des autres. D'une démocracie capitaliste à l'autre, les degrés différents de contrôle du gouvernement qu'ont eu les sociaux-démocrates semblent partiellement responsables de la variabilité des relations historiques entre prolétarianisation, syndicalisation, niveau de grèves et croissance des salaires. Les mouvements syndicaux de nations dont la représentation social-démocrate a été soutenue ou cumulative, semblent connaître plus de succès dans la conversion de travailleurs/euses indépendants/es en syndicalistes que les mouvements d'autres pays; ils sont moins capables, par ailleurs, d'obtenir des hausses de salaire au moyen de la grève. Nous débattons quatre implications théoriques et méthodologiques de cette recherche, dont les effets contradictoires de la social-démocracie sur la dynamique des classes.

Comprehensive assessments of how and why theoretically ‘general’ class dynamics differ across the capitalist democracies are infrequent in research inspired by the Marxist problematic. This has tended to vitiate the potential explanatory power of Marxist conceptualizations of class organization and class struggle, often giving them an overly mechanistic flavor. Existing research approaches to the study of national variability in these processes suffer from several severe limitations, including the ahistoricism of static quantitative cross-national designs and the lack of generality accompanying traditional comparative/historical analyses of a small number of nation-states. Using ‘general’ Marxist understandings of the determination of unionization and wage growth, we estimate a series of time-series models for 18 advanced, stable capitalist democracies, finding that our expectations are consistent with the 1959-80 histories of some of these nations and not of others. We then posit that these within-nation historical relationships are themselves a function of other temporally invariant, cross-national differences distinguishing one capitalist country from another. Differences in social democratic control of government across the capitalist democracies, in particular, appear partially responsible for some important country-to-country differences in the historical relationships among proletarianization, unionization, strike activity, and wage growth. Labor movements in nations with sustained or cumulative social democratic representation appear more successful in converting dependent workers into trade unionists than do other countries, but are less successful in using strikes to extract wage gains. We discuss four theoretical and methodological implications of this research, including the contradictory effects of social democracy on class dynamics.