SEARCH

SEARCH BY CITATION

J'examine dans les pages qui suivent la question de l'existence de contacts entre diverses élites, et l'importance politique de telles relations en termes de leur association avec l'appui ou l'opposition que ces élites apportent à certaines politiques sociales. J'utilise les données d'un sondage mené en 1977 auprès de 600 leaders canadiens, au sein du gouvernement et des secteurs syndical et des affaires. Les contacts personnels entre élites - et en particuliers ceux impliquant des employés de l'Etat - sont envisagés comme un terrain où se déploient des conflits politiques, où les élites de plusieurs secteurs (affaires, syndicats …) tentent de promouvoir leurs intérêts, l'une face à l'autre et auprès des politiques de l'Etat. A ce titre, les données ne confirment pas l'existence d'une élite monolithique au Canada. Elles suggèrent par ailleurs que, plus que les dirigeants syndicaux, les gens d'affaires importants ont accès à l'Etat et aux autres élites sectorielles. Mais il est plus important de noter que les contacts qu'entretient l'Etat avec les gens d'affaires sont plus importants politiquement que ceux qu'il maintient avec les dirigeants syndicaux. En effet: d'une part, les contacts Etat-gens d'affaires prédisent les positions des employés de l'Etat face aux politiques sociales; d'autre part, les contacts Etats-dirigeants syndicaux ne produisent pas et ne sont produits par un appui pour les positions syndicates dans les hautes spheres de l'Etat canadien.