Le vent du sud: Les idées du Tiers-Monde et les marxistes quéabécois dans les années 1970

Authors


  • *Cet article a été reçu en aôut, 1988 et acceptéa en novembre, 1989. rendu beaucoup plus attrayant que le marxisme orthodoxe. Dans les années 80, le reflux des luttes, à la fois sur le front nationaliste et sur le front social, s'est traduit par la réémergence du vieux modèle modernisateur sous une nouvelle forme.

Abstract

Much has been said and written about the influence (ideological as well as economic and political) of the advanced capitalist countries on the Third World. In this article, the author addresses the opposite question: What is the ideological influence of the South on the North? And he does it in a precise context: that of Quebec society during the sixties and seventies. He attempts to show that the underdeveloped world passed from the status of a new ‘pays de mission,’ during the early days of the Quiet Revolution, to that of a model for the radical nationalist left which emerged in the mid-sixties and exerted a definite influence on politics, unions, and the intellectual production of that period. His hypotheses are that 1/Third World Marxism - under its various forms, from Guevarism to Maoism - provided a language in which Quebec leftist intellectuals and activists represented to themselves the situation of the Quebecois in relation to English Canada and/or the United States and 2/ the nationalistic element included in these particular trends of Marxism is the critical factor which made it much more appealing than orthodox Marxist theory. The decline on both the national and the social fronts in the eighties made for a re-emergence of the old modernization model in a new guise.

L'influence idéaologique, économique et politique qu'exercent les pays capitalistes avancés sur le Tiers-Monde a fait l'objet de nombreuses études. Dans cet article, l'auteur se pose la question inverse: Quelle est l'influence du Sud sur le Nord? Et il le fait dans un contexte précis: celui du Québec des années 60 et 70. II essaie de démontrer que le Tiers-Monde, qui conserva son statut de ‘pays de mission’ au début de la Révolution tranquille, devint par la suite un modèle pour la gauche nationaliste radicale qui émergea au milieu des années 60 et qui exerça une nette influence sur la politique, le syndicalisme et la production intellectuelle de cette période. Ses hypothèses sont les suivantes: 1/ le ‘marxisme du Tiers-Monde’ -sous ses formes variées (du guévarisme au maoïsme) - a fourni aux intellectuels et radicaux de l'époque un langage pour représenter la situation des Québécois, par rapport au Canada anglais et/ou aux Etats-Unis et 2/ l'élément nationaliste présent dans ce discours marxiste particulier a constitué l'élément-clef qui l'a

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