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C'est un postulat quasi-généralisé en sociologie que la connaissance scientifique est inévitablement appelée à remplacer les formes de connaissance traditionnelles. Ces dernières sont présentées comme incapables de résister à la diffusion progressive de la connaissance scientifique. Tandis que les formes de connaissance traditionnelles sont censées être liées aux institutions, la connaissance scientifique existerait hors de tout temps et de tout lieu. Enfin, on considère que le pouvoir des porteurs des types de connaissance conventionnels est insuffisant pour en ralentir ou empêcher la disparition. En dépit du large consensus à ce sujet, force nous est de reconnaître que les formes de connaissance traditionnelles se portent plutôt bien dans la société moderne et qu'il doit done y avoir des limites à la connaissance scientifique. L'auteur résume les arguments qu'on retrouve dans beaucoup d'écrits sociologiques sur la puissance de la connaissance scientifique, pour ensuite en examiner les limites. II conclut qu'au lieu d'être une simple conséquence de la résistance à la diffusion et à la domination de la connaissance scientifique dans la société contemporaine, ces limites sont elles-mêmes constitutives de formes de savoir scientifique.

With few exceptions classical and contemporary sociological discourses have assumed that scientific knowledge will inevitably replace traditional forms of knowledge. These latter forms of knowledge are portrayed as incapable of resisting the progressive dissemination of scientific knowledge. Traditional forms of knowledge are defined as institutionally based while scientific knowledge knows no time and place. It is further assumed that the carriers of conventional types of knowledge are not sufficiently powerful to slow or prevent their demise. Despite the broad consensus, thriving traditional forms of knowledge in modern society suggest distinct limits of scientific knowledge. This essay outlines the case made for the force of scientific knowledge in much of sociological theory but also examines the limits of the power of scientific knowledge, limits which are