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Dans cette communication, l'auteur examine l'interaction entre la religion civile et la politique dans la course aux armements nucléaires à la lumière de la théorie de Bellah selon laquelle la religion civile s'élabore dans les ‘temps difficiles’. Pour l'auteur, la bombe atomique a posé des problèmes particuliers pour les valeurs américaines, problèmes qu'on a surmontés en l'alignant symboliquement sur certains éléments de la religion civile américaine. Ainsi, le monopole nucléaire a fini par être considéré comme un ‘devoir sacré, à la fois une conséquence du caractère unique des États-Unis et la preuve de sa ‘destinée particulière’. Cependant, les Soviétiques ont contesté ce devoir sacré en faisant exploser leur propre bombe atomique, tout comme ils ont mis en doute la notion de la destinée particulière des États-Unis en lançant les satellites Sputnik. Les prétensions américaines à l'unicitéétant contredites devant le monde entier, la destinée particulière des Américains est devenue de plus en plus associée à leur supériorité technologique, d'où le développement paradoxal d'une technocratie aux États-Unis qui contraste nettement avec les réactions canadiennes à la menace nucléaire soviétique.

Following Bellah's notion that civil religion is elaborated in ‘times of trial, this paper examines the interaction between civil religion and politics in the nuclear arms race. It argues that the bomb posed special difficulties to American values, and that these were overcome by symbolically aligning it with elements of American civil religion. The nuclear monopoly was viewed as a ‘sacred trust, the result of the United States' uniqueness and proof of its special destiny. However, a Soviet atomic explosion challenged the sacred trust, while the subsequent launch of the Sputnik satellites violated the tenets of the special destiny of the U.S. As the claim of the U.S. to uniqueness was undermined before the whole world, the nation's special destiny was associated particularly with its technological superiority. The upshot was the paradoxical development of an American technocracy, which contrasts sharply with Canadian responses to the Soviet nuclear threat.