Perceptions des difficultés d'insertion en emploi et raisons de fin d'emploi: les cas du Québec et du Canada

Authors


  • Nous désirons remercier Statistique Canada et le ministère de l'Emploi et de l'Immigration pour leur contribution financière à la réalisation de cette étude. Nous remercions également Michel Bernier qui, à titre d'assistant de recherche, a collaboré à l'analyse statistique. Ce manuscrit a été reçu en février 1992 et accepté en février 1993.

Abstract

This study presents the results of a comparison between perceptions related to the difficulties of integrating the labour market in Quebec and Canada, as measured in Statistics Canada and Employment and Immigration Canada's Labour Market Activity Survey (1986–1987), and the difficulties actually experienced, estimated by the objective reasons for quitting a job. It then presents a follow-up of the iteration of sub-groups who have perceived such integration difficulties. The core question consists in verifying the foundations of a widespread opinion according to which individuals are more and more responsible for their probability of being employed, mainly due to their lack of instruction or experience. This study shows that some sub-groups overestimate the weight of their individual responsibility in facing the probability of being employed, as opposed to the responsibility linked with the structural factors. As the follow-up of sub-groups' iteration also shows, the youth likely to enter the labour market, as well as the poorly and moderately schooled sub-groups, experience the most difficulties.

Cette étude présente les résultats d'une comparaison entre les perceptions relatives aux difficultés d'insertion sur le marché du travail au Québec et au Canada, telles que mesurées dans l'Enquěte sur l'activité (1986–1987) de Statistique Canada et Emploi et Immigration Canada, et les difficultés réellement vécues, estimées par les raisons objectives de quitter un emploi. Il présente ensuite le suivi du cheminement des sous-cohortes qui ont perçu de telles difficultés d'insertion. La question centrale consiste à vérifier le bien-fondé d'un préjugé qui tend à s'imposer et qui veut que les individus sont de plus en plus responsables de leur inemployabilité en vertu de leur manque d'instruction ou d'expérience. Il ressort de cette étude que certaines sous-cohortes surestiment beaucoup le poids de leur responsabilité individuelle face à l'inemployabilité, par opposition à la responsabilité liée aux facteurs structurels. Quant au suivi des cheminements, ce sont surtout les jeunes qui entrent sur le marché du travail ainsi que les personnes faiblement et moyennement scolarisées qui éprouvent le plus de difficultés.

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