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Cet article reprend les formules de C. Wright Mills, la « promesse sociologique » et l'« imagination sociologique », et considère son engagement, de même que l'engagement de la sociologie, envers les récits populaires. On se rappelle que, selon Mills, la pensée sociologique est une question de narrations biographique et historio-graphique, des pratiques le mieux illustrées, affirme-t-il, par la prose non savante. En examinant une autobiographie populaire - celle de Rosemary Brown, femme politique et activiste canadienne -, on avance qu'une imagination sociologique à la fois exemplaire et créatrice est située dans ses constructions discursives de la parole, de la mémoire et de la subjectivité. Enfin, on recommande que les sociologues étudient les récits populaires afin de mettre en valeur et d'encourager les aperrçus qu'ils incarnent implicitement.

This article takes up C. Wright Mills' formulations of the “sociological promise” and the “sociological imagination,” and considers his commitment, and sociology's commitment, to popular narratives. It is recalled that for Mills sociological thought is a matter of biographic and historiographic story-telling, practices he claims are often best exemplified in non-academic prose. By considering one popular autobiography—that of Canadian politician and social activist Rosemary Brown—it is argued that an exemplary and creative sociological imagination is located in her discursive constructions of speech, memory, and subjectivity. Finally, it is recommended that sociologists study popular narratives to point to and encourage the sociological insights that they often implicitly embody.