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L'étude des récits de voyageurs qui sont allés à Singapour au XIXe siècle révèle de quelle manière l'odorat, le toucher et le goût ont influé sur la subjectivité des voyageurs occidentaux et sur I'idée qu'ils se faisaient de Singapour et de la Malaisie britannique à cette période. Souvent, le même endroit suscitait différents sentiments: soit une admiration pour la nature, soit un dégoût pour l'état de délabrement qui régnait, et parfois même un sentiment ambivalent. En s'appuyant sur des fictions et sur plusieurs récits, cet article démontre que, si l'Orient a été orientalisé par les expériences de ces voyageurs, les identités de ces mêmes voyageurs se sont construites dans la sensualité de leurs relations avec le milieu.

An examination of travellers' accounts of 19th-century Singapore reveals how smell, feel, touch and taste impacted upon the subjectivities of Western travellers and their conception of 19th-century Singapore and British Malaya. Often the same location would evoke different conceptions: either a celebration of nature or disgust with the dilapidated conditions, and sometimes even ambivalence. The paper argues, through the use of fiction and several narrative accounts, that as much as the East was orientalized through such travellers' experiences, the travellers' identities were constituted by their sensuous interaction with their environment.