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Dans cet article, nous comparons les convictions des différents groupes pro-famille de Calgary et nous préscntons la structure des liens qui unissent ces groupes. Les données, recueillies en 1998, proviennent de documents et d'entretiens semi-structurés avec les chefs de file de ces groupes. Nous abordons ici trois problèmes de recherche. Tout d'abord, nous examinons la teneur des relations entre groupes pro-famille et pro-vie. Tous les groupes pro-famille, même ceux qui se prononcent résolument contre l'avortement, se dis-tinguent des groupes pro-vie sur le plan tant organisational que politique. Ensuite, nous nous penchons sur le rôle des croyances chré-tiennes au sein du mouvement. Nous affirmons que, bien que les groupes chrétiens aient été dominants en 1998, la promotion, de la famille hétérosexuelle nucléaire, et non les questions de doctrine, a été fondamentale pour le mouvement. Enfin, nous examinons si le mouvement s'est scindé entre socioconservateurs et centristes, les centristes étant peu représentatifs en 1998. En outre, l'un des groupes présentant un profil centriste, la National Foundation for Family Research and Education, a tout fait pour légitimer du point de vue scientifique les arguments moraux des socioconservateurs en faveur de la famille. En conclusion, nous soutenons que le mouvement pro-famille à Calgary s'est éloigné de sa vocation initiale de contre-mouvement antiféministe. Dans l'avenir, la popularité du mouvement pro-famille au Canada dépendra peut-être des valeurs postféministes qu'il affichera.

This paper presents a comparative study of the beliefs of pro-family organizations in Calgary and a structural mapping of organizational ties. Data were gathered in 1998 from documents and semi-structured interviews with group leaders. Three research problems are addressed. The first concerns the closeness of the relationship between pro-family and pro-life groups. We find that all pro-family groups, even those with strong anti-abortion convictions, were organizationally and politically distinctive from pro-life groups. The second problem considers the role of Christian beliefs in the movement. We ascertain that although Christian groups were dominant in 1998, promotion of the heterosexual nuclear family, not doctrinal issues, was fundamental to the movement. The third problem concerns whether the movement was bifurcated between social conservative and centrist segments. The centrist segment was quite weak in 1998. Furthermore, one of the groups with a centrist persona, the National Foundation for Family Research and Education, strove to supply scientific legitimation for social conservatives' moral claims about the family. In conclusion, the article argues that the pro-family movement in Calgary has broken free of its initial phase as an anti-feminist countermovement and suggests that the future popularity of pro-family advocacy in Canada will be proportional to the degree that it is couched in a post-feminist framework.